L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BURGHARD Adrien



A Auschwitz, le 8 juillet 1942
Matricule "45315" à Auschwitz

Adrien Burghard dit Henri est né le 12 mai 1897 au domicile de ses parents à Messigny (Côte-d’Or). 
Il habite Verrey-sous-Salmaise (Côte d’Or) au moment de son arrestation.
Il est le fils de Justine, Angèle Paillet, 30 ans, manouvrière et de Jules, Conrad Burghard, 23 ans, charbonnier, son époux. Ses parents se sont mariés le 12 mai 1889 dans cette même commune.
Au moment du conseil de révision, Henri Burghard habite Messigny et exerce le métier de bucheron. Il sera par la suite employé aux chemins de fer. Son registre matricule militaire nous apprend qu’il mesure 1m 77, a les cheveux châtain clair, les yeux marron, le front moyen et le nez rectiligne, le visage rond.  Il a un niveau d’instruction n°2 pour l’armée (i.e. possède une instruction primaire).
Conscrit de la classe 1917, Henri Burghard est mobilisé par anticipation le 12 avril 1916, comme tous les jeunes hommes de sa classe depuis la déclaration de guerre, et il est incorporé le jour même au 11ème Génie à Epinal. Il passe au 2ème Régiment du génie en juin 1917.
Le 2 novembre 1918, il est cité à l’ordre de la division du génie : « sapeur dévoué et courageux. Par son ardeur au travail dans la période du 28 septembre au 23 octobre 1918 a contribué activement à l’établissement de passages sur les cours d’eau à proximité de l’ennemi ». Il est décoré de la croix de guerre avec étoile de bronze. Il est mis en congé de démobilisation le 23 octobre 1919 (certificat de bonne conduite accordé) et se retire à Messigny.
Le 8 octobre 1919 il a épousé Jeanne, Hermance Garnier à Clémencey (Côte d’Or).
Le 6 juin 1921, le jeune couple habite Sémezanges, près de Gevrey-Chambertin.
Henri Burghard travaille comme manœuvre aux ateliers de wagons de Dijon-Perrigny. A ce titre, il sera classé  en août 1922 pour la Réserve de l’armée comme « affecté spécial » au titre des chemins de fer de campagne.
En avril 1927, Henri Burghard habite 7 rue de Jouvence à Dijon.
Le 12 juillet 1930, à Dijon, il épouse en secondes noces Louise Marguerite Porcherot. Le 15 août 1930, le couple habite Verrey-sous-Salmaise (dans la vallée de l’Oze, près de Sombernom, à 36 km de Dijon).
En avril 1933, il est condamné par le tribunal correctionnel de Lyon à 48 h de prison et 50 F d’amende pour « violence à agents ».

Retraité de la SNCF, il habite Verrey-sous-Salmaise (Côte d’Or), "avec l'âge, il avait quitté la profession et monté un bistrot " selon Gabriel Lejard.
Membre du Parti communiste, il est arrêté le 22 juin 1941, par la police allemande (le 22 juin 1941, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique, sous le nom "d’Aktion Theodorich", les Allemands arrêtent dans la zone occupée et avec l’aide de la police française», plus de mille communistes. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy (pour ceux de Côte d’or, les prisons de Dijon et de Vesoul), ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941 (le 5 juillet 1941 pour ceux de Côte d’Or), au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”).
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Henri Burghard est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6-8 juillet 1942
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45315".
L'immatriculation à Auschwitz le 8 juillet
Gabriel Lejard a reconnu le visage de son camarade lors d’une séance d’identification des photos transmises par le Musée d’Auschwitz, parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz.
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. Dans les années d’après-guerre, l’état-civil français n’ayant pas eu accès aux archives d’Auschwitz non détruites par les SS et mportées par les armées soviétiques a fixé celle-ci en septembre 1942 sur la base du témoignage de deux de ses compagnons de déportation. 
Mais selon Gabriel Lejard, il meurt à Auschwitz-I, entre le 20 et le 25 août 1942. La date officielle (Etat-civil) de sa disparition est celle du 20 septembre 1942.

Sources
  • Témoignage enregistré de Gabriel Lejard, en 1988, qui a reconnu sa photo d'immatriculation de son camarade à Auschwitz lors d'une des rencontres à la FNDIRP.
  • Fichier national de la Division des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), ministère de la Défense, Caen (1993).
  • Etat civil et Registres matricules militaires de la Côte d’Or en ligne.
Biographie rédigée en février 1998, complétée en 2015 et 2017 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com 

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