L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BONNARDIN Eugène, Jean


Eugène Bonnardin est né le 11 juin 1904 au 18 route de Dijon à Beaune (Côte d’Or). 
Il est le fils de Marie Adèle Monchaussé, 25 ans, sans profession et de Jules Bonnardin, 29 ans, tonnelier. Eugène Bonnardin habite au 18 rue Févret, à Dijon (Côte d’Or) au moment de son arrestation.
Le 8 juin 1929, il se marie à Gennevilliers (Hauts-de-Seine), avec Andrée, Raymonde Perrault. 

Veuf, il épouse en secondes noces en 1933, à Dijon, Jeann Marie Taret qui a eu d’un premier mariage une fille, Christiane Bourlet, née en 1926 à Lyon. 
Eugène Bonnardin l’adopte.
Il est tourneur-ajusteur et chef d'équipe (réalésage) aux usines Lipton de Dijon.
Selon Gabriel Lejard, il n’appartenait à aucun parti politique ("Un bon gars. Mais il n'était de rien. Ni syndicat, ni parti. Pas plus communiste que le Pape"). Il n'était pas syndiqué, mais avait participé aux grèves de 1936 et 1938.
Eugène Bonnardin est arrêté le 11 janvier 1942 comme otage après l'attentat de la rue de la Pépinière du 10 janvier 1942 (une bombe, lancée par des jeunes résistants communistes contre le Soldatenheim (foyer du soldat), explose sans occasionner de pertes allemandes). 

Selon l'enquête, la bombe, artisanale, avait été fabriquée dans une usine de la ville. Julien Faradon, Henri Poillot et André Renard sont arrêtés en même temps et pour la même affaire, le même jour.
Libéré le 18 janvier à 4 heures, Eugène Bonnardin reprend son travail le lendemain, bien que malade. 

Il est arrêté le jour même vers 11 heures par la police allemande. De nouveau écroué, il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, le 6 février 1942 en vue de sa déportation comme otage.
A Compiègne il reçoit le matricule 2445, il est assigné au bâtiment A2. 
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Eugène Bonnardin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. Le numéro « 45272 ? » figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules, qui n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il est donc hasardeux de maintenir ce numéro en l’absence de nouvelles preuves.Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"
Dessin de Franz Reisz, 1946
Eugène Bonnardin meurt à Auschwitz le 18 septembre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz et destiné à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 117). Il convient de souligner que cent quarante-huit «45000» ont été déclarés décédés à l’état civil d’Auschwitz les 18 et 19 septembre 1942, ainsi qu’un nombre important d’autres détenus du camp enregistrés à ces mêmes dates. D’après les témoignages des rescapés, ils ont tous été gazés à la suite d’une vaste «sélection» interne des «inaptes au travail», opérée dans les blocks d’infirmerie.
La mention «Mort en déportation» est apposée sur son acte de décès avec cette même date (arrêté du 25 août 1987 et paru au Journal Officiel du 30 septembre 1987). 

Sources

  • Témoignage de Gabriel Lejard (écrits et entretien enregistré en juillet 1988).
  • Archives municipales de Dijon (1991).
  • Contact avec sa fille, Mme Christiane Rousseau.
  • (1) Jean-Michel Picard, mise en ligne du livre de son père Henri Picard, Ceux de la Résistance, Bourgogne, Nivernais, Morvan, éditions Chassaing, Nevers 1947, chapitre “Je regarde la mort en face”, http://maquismorvan.blogspirit.com/.
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Archives de Caen du ministère de la Défense). "Liste communiquée par M. Van de Laar, mission néerlandaise de Recherche à Paris le 29.6.1948", établie à partir des déclarations de décès du camp d'Auschwitz (n°31 628 et n°43).
  • © Site Internet «Légifrance.gouv.fr».
  • Archives en ligne de côte d'or, état civil.
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946).
Biographie rédigée en février 1998 et complétée en 2010 et 2015 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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