L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


YOL, Camille Marcel



46210

Marcel Yol est né le 25 février 1901 à Bois-Colombes (ancien département de la Seine). Il est le fils de Marie Charlet, ménagère et de de Camille Yol, mécanicien, son époux. Marcel Yol habite avec son épouse Hélène, née Reiset, au 20 rue Julien à Vanves (Seine / Hauts-de-Seine) de 1920 à son arrestation.
Marcel Yol est ouvrier électricien. 
Il est membre du Parti communiste et syndicaliste d’après le dossier Brinon (1). « Il était connu de la police en tant que secrétaire du Comité local des chômeurs de Vanves. Lors de la dissolution du parti communiste prise par le décret-loi du 26 septembre 1939, la police perquisitionna ses locaux ainsi que ceux de la CGT. Le nom de Camille Yol figurait sur une liste saisie comme secrétaire du comité local de l’union des syndicats des ouvriers de la région parisienne CGT » (Le Maitron).
En 1938 il travaille chez Ragonot (fabrique de moteurs électriques) à Malakoff.
Il est mobilisé au début de la guerre au 6ème Groupe de repérage par le son, 15ème batterie. Il est démobilisé avec le grade de brigadier. Il retrouve son travail chez Ragonot. Il y côtoie alors Auguste Monjauvis qui y a été embauché après sa démobilisation, et qui en sera renvoyé pour propagande. Marcel Yol est lui aussi considéré comme un « individu dangereux pour la propagande sournoise qu’il menait au sein de l’usine où il travaillait », le commissaire de police de Vanves effectua une perquisition à son domicile le 4 décembre 1940. Une ronéo fut saisie ainsi que des tracts du parti communiste. Fut-il déféré, condamné par un Tribunal correctionnel ? La police de Vanves le catalogua comme un « Meneur communiste très actif poursuivant clandestinement son activité » (Le Maitron).
Marcel Yol est arrêté le 27 juin 1941 à Vanves, dans le cadre de la rafle du 22 juin 1941. En effet, le 22 juin 1941, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique, sous le nom «d’Aktion Theoderich» les Allemands arrêtent plus de mille communistes dans la zone occupée et avec l’aide de la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”.
A Compiègne il est enregistré sous le matricule « 122 ». 
Son épouse multiplie les démarches pour obtenir sa libération : le 14 juillet 1941 elle écrit au ministre de l’intérieur qui transmet au préfet de police de la Seine, lequel demande une enquête aux Renseignements généraux et en reçoit la réponse suivante « Il ne semble pas dans les circonstances actuelles que la demande de libération le concernant puisse être accueillie favorablement » (2). Le 12 mai 1942 Hélène Yol écrit à Philippe Pétain.

Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Marcel Yol est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45.000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Marcel Yol est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "46210" selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942.

Daniel Yol meurt à Auschwitz le 29 novembre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 1374) et le site © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau.
Hélène Yol effectue des démarches auprès de la délégation générale du gouvernement français dans les territoires occupés afin d’obtenir des nouvelles de son mari (mention d’un dossier dit Brinon (1) au BAVCC).


Une rue de Vanves, en face du lycée Michelet, rue Julien porte son nom et une plque fut apposée sur son domicile. Un hommage solennel lui a été rendu par le maire Guy Janvier, ainsi qu'aux trois autres "45000" de Vanves, le 8 janvier 2000 en présence de madame Edith Cresson, ancien premier ministre.
  • Note 1 : Fernand Brinon (dit marquis de Brinon) représente le gouvernement français auprès du Haut-Commandement allemand dans le Paris de l’Occupation. Il est nommé le 5 novembre 1940 ambassadeur de France auprès des Allemands, puis le 17 novembre suivant «délégué général du gouvernement français dans les territoires occupés». Il a été le destinataire des démarches des familles de « 45000 » qui cherchent à obtenir des informations sur le sort de leur déporté.
  • Note 2 : Dans les archives au BAVCC on constate que la plupart des demandes d’épouses ou de parents de « 45000 » adressées au ministre de l’intérieur ou à Brinon ont reçu la même réponse-type des RG.
Sources
  • Archives en ligne de Bois-Colombes.
  • Le Maitron, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, édition informatique juillet 2012, notice de Daniel Grason.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. 1992.
  • Plaque photo Pierre Cardon.
  • Photo du wagon utilisé pour le transport des déportés, © FMD.
  • © Photo de la porte d’entrée du camp d'Auschwitz : Musée d’Auschwitz-Birkenau.
  • © Site Internet Mémorial-GenWeb.
Biographie rédigée en 2007 (et complétée en septembre 2012 à partir de nouveaux éléments biographiques publiés dans le Maitron), par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : « Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éd. Autrement, Paris 2005) et de « Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éd. Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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