L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


TARDIEU Gérard






Gérard Tardieu
est né le 10 février 1905 à Paris (XIV°). Il habite au 23 rue Roger Salengro à Montrouge (ancien département de la Seine) au moment de son arrestation. Il est marié. 



Clicheur au Journal Officiel
Ouvrier imprimeur (clicheur), au Journal Officiel, 33 Quai Voltaire à Paris.
Membre du Parti communiste (depuis 1936) et du Syndicat du Livre CGT, il est arrêté le 6 mai 1941, à son domicile, pour ses "activités communistes". 

Il avait voyagé en URSS en 1936. Sa veuve Monique pense à une dénonciation.
Il est emprisonné à la Santé, puis à Fresnes, il est interné au camp de « séjour surveillé » d’Aincourt, près de Mantes dans le département de la Seine-et-Oise (aujourd’hui dans les Yvelines - 78) ouvert spécialement, en octobre 1940, pour y enfermer les communistes arrêtés dans la région parisienne par le gouvernement de Vichy.
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, en janvier 1942, en vue de sa déportation comme otage.

Son épouse qui a obtenu plusieurs droits de visite, réussit à faire passer les messages d'autres internés, comme les lettres d'Angel Martin à sa mère.
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation

Gérard Tardieu est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Gérard Tardieu meurt à Auschwitz le 27 octobre 1942, d’après les registres du camp.
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué le 20 octobre 1954 (carte N° 1 175 03 436).

Sources

  • Photocopie (presque illisible) datée de Compiègne le 5 juillet 42 "Nous partons demain".
  • Lettre d'Alexis Le Bihan (26 mars 1973), ancien d'Oranienburg, qui communique avec sa veuve, Mme Monique Tardieu.
  • Lettre de Roger Arnould à Mme Tardieu.
  • Photos d'avant-guerre, à l'imprimerie du Journal Officiel.
  • L'acte de décès porte le 15 décembre 1942 comme date de décès : dans l'ignorance des dates précises, les services français d'Etat Civil ou les ACVG (pour établir les pensions), ont souvent fixé des dates fictives dans les années qui ont suivi la guerre (1°, 15, 30, 31).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
Biographie rédigée en novembre 2007 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005).
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