L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


STEFF André


46119

André Steff est né le 7 août 1904 à Pacy-sur-Eure (Eure). Il habite au 49 rue de l'Avenir à Vanves (ancien département de la Seine) au moment de son arrestation.
André Steffl est polisseur sur nickel.
Il s'est remarié après divorce. Son épouse est espagnole.
André Steff s'engage dans les Brigades Internationales durant la guerre d'Espagne. Il avait ramené son beau frère à son retour en France.

Il est arrêté le 23 ou le 24 décembre 1941, incarcéré à la prison des Tourelles, comme beaucoup d'anciens brigadistes. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, en mai 1942, en vue de sa déportation comme otage. 
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».

André Steff est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. 
Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.


Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "46119" selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942.
André Steff meurt à Auschwitz le 9 septembre 1942 d’après les registres du camp.
Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué. Il a été déclaré "Mort pour la France". Un hommage solennel lui a été rendu par le maire Guy Janvier, ainsi qu'aux trois autres "45000" de Vanves, le 8 janvier 2000 en présence de madame Edith Cresson, ancien premier ministre.

Sources

  • Fiche d'état-civil, 16 avril 1977 (dressé le 24 juillet 46).
  • Témoignage de Roger Pelissou.
  • Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Archives de Caen du ministère de la Défense). "Liste communiquée par M. Van de Laar, mission néerlandaise de Recherche à Paris le 29.6.1948", établie à partir des déclarations de décès du camp d'Auschwitz. N°328 et N°31869.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
Biographie rédigée en novembre 2007 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005).
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