L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


MUSSET Georges, Louis

© DAVCC

Georges Musset est né le 3 octobre 1897 au domicile de ses parents, 51 avenue de la République à Paris (11ème). Il est légitimé par le mariage de ceux-ci le 19 mars 1898. Il habite au 4 rue des Amandiers à Nanterre (ancien département de la Seine /  Hauts-de-Seine) au moment de son arrestation.
Il est le fils de Pauline, Charlotte David, 26 ans, sans profession puis marchande de vin et de Louis Aimé Musset, 31 ans, employé de commerce.
Georges Musset aurait fait son service militaire dans la Marine, selon son petit-fils, Patrick Charron.
Le 15 avril 1920 à Saint-Denis, il épouse Madeleine, Marie Collomb, employée. Le couple a une fille, Odette, qui naît à Nanterre le 22 avril 1924. Elle épouse Robert Charron, célèbre boxeur de l'entre deux guerres, né en 1918.
Il est mécanicien, chaudronnier en cuivre de profession. Il sera marchand de vins par la suite et tiendra un débit de boisson-restaurant « le Moulin Allard » à Nanterre, au 49  rue Ernest Renan. Il existe toujours.
Le Moulin Allard à Nanterre
Sympathisant communiste, Georges Musset adhère au Parti communiste après son élection comme conseiller municipal sur la liste de Raymond Barbet, le 12 mai 1935.
Déchu de son mandat par le Conseil de Préfecture, le 29 février 1940, pour n'avoir pas renié le Parti Communiste, il est arrêté le 22 septembre 1940, à Nanterre, par des policiers français "pour propagande communiste".
Il est interné le 15 octobre 40 au camp de « Séjour surveillé » d’Aincourt, près de Mantes dans le département de la Seine-et-Oise (aujourd’hui dans les Yvelines) ouvert spécialement, le 5 octobre 1940 pour y enfermer les communistes arrêtés dans la région parisienne par le gouvernement de Vichy. Lire dans le blog Le camp d’Aincourt.
Réponse des RG au directeur du CIA de Rouillé
Le 6 septembre 1941, il est transféré au camp de Rouillé (1), au sein d’un groupe de 149 internés.
Le 14 octobre, le directeur du camp demande au préfet de la Seine les dossiers des internés arrivés à Rouillé un mois auparavant, dont celui de Georges Musset. Ces dossiers lui sont envoyés par les Renseignements généraux le 28 octobre.
En juin 1941, sa mère, née David, doit faire une déclaration de non judeïté.
Début mai 1942, les autorités allemandes adressent au commandant du camp de Rouillé une liste de 187 internés qui doivent être transférés au camp allemand de Compiègne (Frontstallag 122). Le nom de Georges Musset (n° 147 de la liste) y figure. Le 22 mai 1942 c’est au sein d’un groupe de 168 internés (4) qu’il est transféré arrive au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). La plupart d’entre eux seront déportés à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet, en vue de leur déportation comme otage. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a pas été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Georges Musset meurt à Auschwitz le 23 octobre 1942 d’après les registres du camp.
Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué. Il a été déclaré "Mort pour la France" le 7 juillet 1947.

Son acte de décès est établi le 30 mai 1947 par le Ministère des Anciens Combattants.
  • Note 1 : Le camp d’internement administratif de Rouillé (Vienne) est ouvert le 6 septembre 1941, sous la dénomination de «centre de séjour surveillé», pour recevoir 150 internés politiques venant de la région parisienne, c’est-à-dire membres du Parti Communiste dissous et maintenus au camp d’Aincourt depuis le 5 octobre 1940. D’autres venant de prisons diverses et du camp des Tourelles. In site de l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé.
  • Note 42 : Dix-neuf internés de la liste de 187 noms sont manquants le 22 mai. Cinq d’entre eux ont été fusillés (Pierre Dejardin, René François, Bernard Grimbaum, Isidore Pertier, Maurice Weldzland). Trois se sont évadés (Albert Belli, Emilien Cateau et Henri Dupont). Les autres ont été soit libérés, soit transférés dans d’autres camps ou étaient hospitalisés. 
Sources
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, tome 37, page 198.
  • Correspondance avec son petit-fils M. Patrick Charron, qui fut un jeune cycliste prometteur (il a terminé deuxième du Paris-Roubais en 1967).
  • Témoignages de Georges Brumm et Lucien Penner, rescapés d'Auschwitz.
  • © Etat civil de Paris.
  • Liste de détenus transférés du camp de Rouillé vers celui de Compiègne en mai 1942. Archives du Centre de documentation juive contemporaine : XLI-42)N°137.
  • Recherche de Lucien Ducastel (1988) en mairie de Nanterre.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national de la Division des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen.
Biographie rédigée en novembre 2007 - en cours de modification en janvier 2016 - par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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