L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


MONTAGNE André René






"Matricule 45912" à Auschwitz
Rescapé


André, René, Montagne est né le 17 septembre 1922 à Boussois (Nord). Il habite chez ses parents, place de l'Ancienne Comédie à Caen (Calvados) au moment de son arrestation. 
Son père, Marcel Montagne, un des responsables syndicaux CGT (trésorier) à la Société métallurgique de Normandie, à Mondeville est  licencié et doit quitter le logement SMN de la cité de Giberville, à la suite de la grève du 30 novembre 1938 contre l’abrogation de la loi sur la semaine de 40 heures.
André Montagne, à l’issue de ses études (1), travaille comme postier auxiliaire, à Caen gare, entre le 13 septembre 1939 et le 10 juillet 1940 puis comme électricien avec son père, devenu artisan après son licenciement de la SMN. En accompagnant celui-ci au Syndicat des métaux, il fait la connaissance d’Eugène Cardin, secrétaire du syndicat CGT pour la région de Caen. Il est dès 1939 membre des Jeunesses communistes clandestines.
André Montagne (2006 à St Malo avec Pauline)
Le 28 janvier 1941, il est arrêté à son domicile, par la police de Caen. 

Inculpé, avec sept de ses camarades dont Joseph Besnier et Raymond Guillard qui seront déportés à Auschwitz avec lui) pour «reconstitution de ligue dissoute, propagation des mots d’ordre de la IIIe Internationale, détention de tracts et collage de papillons», il est détenu à la prison de Caen en attente de leur procès qui a lieu le 14 mars : il est condamné à 8 mois de prison qu’il effectue à la Maison d’arrêt de Lisieux (Calvados). 
Jugement du 14 mars 1941 (Ouest-éclair)
Il est libéré le 31 juillet de la même année. Mais il figure désormais dans les fichiers de la Préfecture, qui utilisera cette condamnation lorsque les autorités allemandes réclameront des listes d'otages.
A la suite des sabotages par la Résistance - les 16 et 30 avril 1942 - de trains militaires allemands, des dizaines d’arrestations sont effectuées à la demande des occupants (3). (Lire l’article du Blog : " le double déraillement de Moult-Argences et les otages du Calvados").

André Montagne fait partie de ces militants arrêtés. Le premier mai 1942, il est arrêté à son domicile par un inspecteur de police, accompagné d’agents et d’un Feldgendarme. Emmené au commissariat de la rue Aubert, il y retrouve des militants qu’il connaît : des « JC » (Joseph Besnier et Raymond Guillard), des cégétistes (Eugène Cardin, René Blin, François Stéphan). Ils sont emmenés de nuit à la Maison centrale de la Maladrerie de Caen, entassés au sous-sol dans des cellules exiguës. André Montagne est conduit avec un autre détenu, à la Maison d’arrêt de la ville, située à proximité de la Maison centrale.

A la demande des autorités allemandes, André Montagne et ses codétenus sont conduits en autocars le 3 mai au «Petit lycée» (4) où sont regroupés les otages du Calvados. On leur annonce qu'ils seront fusillés. Par la suite, un sous-officier allemand apprend aux détenus qu’ils ne seront pas fusillés mais déportés.
Après interrogatoire, ils sont transportés le 4 mai 1942 en cars et camions à la gare de marchandises de Caen. Depuis le wagon à bestiaux où les Allemands l’ont fait monter, André Montagne peut apercevoir son père, venu à bicyclette, qui est repoussé par un soldat allemand. Le train démarre vers 22 h 30 pour le camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122), où il arrive le lendemain soir en vue de sa déportation comme otage. A Compiègne, André Montagne se souvient plus particulièrement de Marcel Nonnet, un cheminot de Bretteville-sur-Dives, qu’il perdra de vue à Birkenau. 
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
André Montagne est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.

André Montagne est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro matricule 45912. 
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 

Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Au moment de l'interrogatoire d'identité, à Auschwitz, il se déclare électricien (dans le magasin d'accessoires électriques tenu par son père, il a acquis des notions suffisantes pour réussir le test (une épissure) qu’on lui fera subir). C’est, selon lui, grâce à cet essai qu'il doit de ne pas être resté à Birkenau.

Il est affecté au kommando «Elektriker», avec Maurice Le Gal et Jean-Antoine Cortichiatto au Block 22 A. André Montagne se souvient d’avoir installé fin août à Birkenau, avec Maurice Le Gal, une ligne électrique destinée à alimenter le chantier de construction d’un nouveau bâtiment (il s’agissait du Krematorium III).

André Montagne tombe malade le 22 décembre 1942. Atteint d’une double broncho-pneumonie, il entre au Revier ("l'hôpital" du camp). 
Mais les médicaments sont rares et les médecins SS désignent lors de “sélections” régulières, les plus malades pour être tués par piqûres de phénol dans le cœur, ou par asphyxie dans les chambres à gaz du centre de mise à mort de Birkenau. 
Dans cette «antichambre de la Mort», André Montagne reçoit des médicaments de dirigeants de l’un des groupes de la Résistance intérieure du camp, le «Comité international», créé par des communistes autrichiens et allemands. 
A chaque « sélection » André Montagne est caché dans la cave du bâtiment, qui sert de morgue. Finalement conduit au Block 20, il guérit de ses problèmes pulmonaires.

Hermann Langbein
Mais, à la mi-janvier, il contracte le typhus avec une très forte fièvre qui dure entre dix et quinze jours. 
Une fois guéri, en mars 1943, il devient infirmier au Block 20 grâce à l’influence de Hermann Langbein, secrétaire du médecin chef de la garnison SS, et l’un des dirigeants du Comité international de Résistance. Son contact est Franz Danimann (lire La Résistance dans les camps nazis et voir le récit sur la Résistance du groupe Français au sein du Kampfgrüpe dans le chapitre 7 de «Triangles rouges à Auschwitz»).

Il a pour mission de prendre soin des malades, en particulier ceux qui parlent français, et de tenter de les soustraire aux «sélections». Plusieurs « 45000 » atteints de tuberculose passent par le Block où il est affecté.
Le 15 mars il assiste, impuissant, à la mort d’Adolphe Vasnier, un métallo caennais. Il prend en charge plusieurs Français qui mourront malgré tout plus tard dans ce Block, mais qu’il aura accompagnés : Robert Blais d’Ivry qui meurt le 16 septembre 1943, Marius Vallée de Sotteville qui meurt le 26, Raymond Balestreri de Mercy-le-haut qui meurt le 26 octobre 1943 et Raymond Langlois de Noisy-le-sec qui meurt le 11 novembre 1943.
Lettre du 18 juillet 1943
Lorsqu’André Montagne peut écrire chez lui (en juillet 1943), sa première lettre qui arrive à ses parents le 19 soulève une grande émotion à Caen parmi les familles d’otages déportés qui se connaissent.
Début septembre 1943, il est placé en quarantaine au Block 11 avec la quasi totalité des Français survivants qui y ont été placés depuis le 14 août. Lire l'article du blog "les 45000 au block 11Il y « fait équipe » avec Giobbe Pasini, Albert Morel et Antoine Vanin (tous trois rescapés).
Le 12 décembre 1943 André Montagne retourne au Kommando "Elektriker". De nouveau atteint aux poumons il se retrouve à l’infirmerie où il passe l’hiver. En mars 1944 il est affecté au Kommando «Paquets» («PacketStelle») qui réceptionne et distribue les colis destinés aux détenus. Cette affectation, obtenue grâce au «Comité international de Résistance», lui permet de redistribuer clandestinement les colis des morts (médicaments et nourriture). Il y reste jusqu’à la fin août 1944. A l’été 1944, à l’approche des armées soviétiques, les Allemands commencent les premières évacuations vers d’autres camps «à l’Ouest». Grâce à une piqûre faite par Franz Danimann qui lui déclenche une forte fièvre, André Montagne est écarté des listes des transférés. Il est admis au Revier, où il assiste le poète Benjamin Fondane. Lire dans le blog La "sélection" pour la chambre à gaz du poète Benjamin Fondane
Lettre du 18 juillet 1943

Entre octobre 1944 et l’évacuation du camp d’Auschwitz, le 18 janvier 1945, André Montagne est Blockchreiber au block 7A. Il est chargé d’y dresser, et de mettre à jour, la liste des détenus. Cette nomination favorisée par la Résistance est confirmée par Georges Guinchan qui partage avec lui cette fonction au rez-de-chaussée. « Un bâtiment occupé presque entièrement par des Reichsdeutsch, c'est-à-dire des Allemands du Reich. Le départ massif de Polonais avait vidé le camp de la plupart des détenus chevronnés parlant allemand. Des Juifs qui connaissaient cette langue ont été choisis comme secrétaires de Block. Mais les SS excluaient de recourir à eux pour les blocks peuplés d'Allemands. C'est pourquoi ils ont fait appel à nous ».A la suite de l’échec de l'évasion manquée des membres de la direction du Kampfgruppe, le 27 octobre 1944 (tentative de rejoindre la Résistance polonaise extérieure au camp), à laquelle cinq hommes avaient pris part : Ernst Burger et Zbysczek Raynoch, qui devaient déjà partir en août, ainsi que trois membres polonais du mouvement de résistance, Bernard Swiercynna, Czeslaw Duzel et Piotr Piaty, la Gestapo à la suite de la trahison d’un des SS qui avait accepté de participer à l’opération, incarcère avec eux deux autres dirigeants du Kampfgruppe : Rudolf Friemel et Ludwig Vesely. 
André Montagne témoigne : "Les cinq camarades subirent des tortures terribles mais il ne fut pas possible d'obtenir d'eux le moindre renseignement. Après un premier interrogatoire, ils furent enfermés au Bunker du trop célèbre block 11. Nos camarades (...) tentèrent de s'empoisonner (...). Tout fut mis en oeuvre pour les ramener à la vie, la Gestapo voulait à tout prix savoir, mais nos camarades restèrent fermes et courageux. Le dossier fut envoyé à Berlin et le verdict fut impitoyable : la pendaison publique dans le camp fut décidée. Aussi le 27 décembre, en rentrant au camp, nous avons pu constater qu'un portique était dressé en vue de la sentence finale. L'exécution n'eut pas lieu ce jour-là. (...) Le 30 décembre, l'exécution eut lieu devant les prisonniers, sur la place d'appel, face aux cuisines. (...). Ils furent alignés devant leurs cordes respectives, puis écoutèrent stoïquement l'acte d'accusation qui avait pour motif : "tentative d'évasion et organisation d'un complot dirigé contre la sécurité du camp d'Auschwitz..." (5). 
Ernst Burger
J'étais aux premiers rangs des détenus, car le commandant du camp avait ordonné que les Reichsdeutsch fussent placés devant les potences. Ce fut un des moments les plus douloureux de ma déportation. Je connaissais personnellement certains de ces condamnés. Il suffisait de voir le visage franc et ouvert d'Ernst Burger pour voir qu'il était quelqu'un de bien. Ils firent preuve d'un courage impressionnant. Les Autrichiens crièrent des mots d'ordre où ils affirmaient, une dernière fois, leur hostilité au nazisme, leur confiance dans l'Armée Rouge et leur foi dans la liberté. Les Polonais reprirent une phrase de l'hymne national polonais. Le soir de l'exécution tous les camarades rentrèrent dans leurs Blocks respectifs, dans un silence impressionnant. Jamais les allées du camp ne furent aussi désertes. "Ainsi décapitée - écrit Hermann Langbein - la Résistance ne put jouer de rôle décisif dans la phase finale de l'histoire d’Auschwitz".
Le soir du 18 janvier 1945, dans la nuit, André Montagne fait partie - avec Georges Guinchan et 18 autres «45000» - d’une colonne de 2500 détenus évacués d’Auschwitz-I (3 jours à pied dans une de ces terribles "marches de la mort", traversant le Sud de la Silésie jusqu’à Wodislaw) vers Mauthausen. Puis, le 22 janvier, les survivants continuent en train, sous la neige, dans dix wagons découverts. Lire l'article sur les itinéraires suivis par les survivants. Traversant la Tchécoslovaquie, ils sont dirigés sur le camp de Mauthausen, où ils arrivent le 25 janvier. André Montagne y reçoit le matricule 118108. Il est transféré successivement vers plusieurs camps annexes avec 3 autres «45000» (Georges Autret, Emile Bouchacourt et Clément Pellerin) :
le 29 janvier André Montagne est transféré à Melk, puis à Gusen 1 le 1er mars et Gusen 2 en avril, où il travaille dans une usine souterraine où les déportés épuisés produisent des carlingues de Messerschmitt Me 262 Schwalbe, le premier avion à réaction de l’histoire : "un enfer" se souvient-il.

L'armée américaine les libère le 5 mai 1945. Après un trajet de 400 km en camions de l'armée Leclerc à travers la Bavière, un wagon de marchandises, puis un train de voyageurs ramènent André Montagne à l’Hôtel Lutétia, via Longwy.
Il retrouve ses parents dans l’Orne (évacués à Flers après les bombardements alliés sur l’agglomération de Caen à partir du 6 juin 1944). Il est l’un des huit rescapés du Calvados (sur 80 déportés) et informe les familles Colin, Nonnet et Pecker de la mort de leurs proches. 
«Le Comité de libération de Bayeux le sollicite également, le 18 juillet 1945, pour connaître le sort d’Assier, Bigot, Cadet, Duchemin, Lacroix, Lecarpentier et Morin » (Jean Quellien -1992). Le 26 avril 1946 «Les Lettres Françaises» publient son article «La mort de Benjamin Fondane». 
Il reste dans l’Orne, où il reprend des activités militantes. Comme secrétaire à la propagande ou à l'organisation de la Fédération du Parti communiste de l'Orne. Il allait être embauché comme ouvrier d'usine à Flers, quand il regagne Caen en septembre (ou octobre) 1946 où ses parents se sont réinstallés.
En 1946
En octobre 1946, André Montagne part à Paris où il trouve du travail à l’association «France-URSS» où il s'occupe du cinéma. Mais il doit quitter sa place en novembre, car il a quitté la Normandie et ses responsabilités fédérales sans l’aval du Parti communiste. 
André Marty a qualifié son attitude "d'abandon de poste". Il devient le secrétaire de Pierre Béteille, financier touche-à-tout, acteur, imprésario d’Orson Welses et de Georges Moustaki, directeur du théâtre Edouard VIl (de 1944 à 1951), président du PUC (Paris université club de rugby), investisseur dans l’aménagement de la station de sports d’hiver de Châtel (Val d’Abondance). 
Pauline
André Montagne entre ensuite aux éditions Hachette où il travaille avec Pauline Allez, son grand amour, qui deviendra sa femme. Il a en charge les Guides bleus puis  Hachette littérature. Il termine sa carrière comme contrôleur de gestion. 
Dès lors, il multiplie ses activités au service de la Mémoire de la déportation à Auschwitz. André Montagne a été homologué «Déporté politique» puis, par la suite  «Déporté Résistant». 
Il est Secrétaire général-adjoint de l’Amicale d’Auschwitz durant les années 80. Il est également vice-président du Comité International d’Auschwitz entre 1984 et 1993. 
Le Monde du 20 juin 1975
Afin de faire connaître l'histoire singulière de son convoi, il rédige un article  que publie  le quotidien “Le Monde”, le 20 juin 1975. 
Il est à l‘initiative avec David Badache, de l’installation à Caen, en 1982 d’une plaque rendant hommage aux otages caennais et calvadosiens arrêtés en mai 1942 avant leur transfert à Compiègne.
2008 : inauguration de la nouvelle plaque.
 A droite Fernand Devaux, André Montagne, Lucien Ducastel,
et Roger Hommet, frère de 45000.

En 2008, une nouvelle plaque est inaugurée.
Plaque en hommage aux 120 otages calvadosiens et caennais
André Montagne fait partie des quatre "45000" qui créent au cours des années 1970, un petit comité chargé de maintenir la liaison entre les rescapés et les familles des 45000 disparus, d'organiser des commémorations et des visites des camps d'Auschwitz et de Birkenau. Ses compagnons sont Fernand Devaux, Lucien Ducastel et Roger Abada, qui sera remplacé après sa mort par Georges Dudal. 
Cette organisation est à l'origine de la création de la très active association « Mémoire Vive des convois des 45000 et des 31000 d'Auschwitz-Birkenau» en 1996.  
André Montagne est de tous les rescapés du convoi celui qui a le plus soutenu Roger Arnould dans son projet en 1970 d’écrire l’histoire du convoi des 45000
Au milieu des années 1980, il s’emploie avec Marie-Elisa Cohen à rechercher un historien capable de prendre sa relève et de faire paraître un ouvrage d'un niveau universitaire. 
Il accompagne Claudine Cardon-Hamet dans les centres d'archives, et la soutient de sa chaleureuse amitié. 
Avec ses trois camarades «45000» (Georges Dudal, Fernand Devaux, Lucien Ducastel), il passé de nombreuses séances de travail pour l'aider à comprendre, évaluer, trier les divers témoignages qu'elle a recueilli. Chacune de ces séances était pour eux une douloureuse épreuve qui les faisaient revivre l’enfer d’Auschwitz. 
Fernand Devaux, André Montagne,
Claudine Cardon-Hamet, Pauline Montagne (2004)
André est fait chevalier de la Légion d’honneur le 7 janvier 2004 par Gisèle Guillemot, caennaise déportée-résistante, en présence de nombreux ami-e-s, de la veuve de Georges Dudal, de Lucien Ducastel et de Fernand Devaux, rescapés d'Auschwitz.
André Montagne est décédé après une longue maladie, le 12 mai 2017 au matin, dans son sommeil, 
Un article lui a été consacré le surlendemain dans la presse caennaise (Ouest-France), dans l'Humanité du 17 mai et un hommage solennel lui a été rendu au cimetière du Père Lachaise, lors de ses obsèques le 17 mai.
L'hommage au  cimetière du Père Lachaise
André Montagne avait souhaité que ce soit moi qui « parle de lui » lors de ses obsèques. 
On lira dans le blog cet hommage prononcé en présence de son épouse Pauline. Hommage à André Montagne
Ont ensuite tour à tour pris la parole avec émotion : Serge Frydman, co-créateur du « Comité Pour la Mémoire d’Auschwitz » (CPMA),  Yves Jégouzo président de l’Association « Mémoire vive des convois des 45.000 et 31.000 » et Raphaël Ezraï, président de l’« Union des déportés d’Auschwitz » (UDA).

Parmi l’assistance : son camarade de déportation Fernand Devaux, âgé de 95 ans, désormais le seul survivant du convoi du 6 juillet 1942, Yvette et Claudine Ducastel (veuve et fille de Lucien Ducastel), des enfants et petits enfants de « 45.000 » et de « 31.000 », la fille adoptive d’André, Claude Spaperi, la famille de Pauline Montagne. 


Photo Pauline Montagne, non datée

2007 : André  Montagne  en Bretagne. Photo Pauline Montagne

Claudine Cardon-Hamet

  • Note 1. Dans ses souvenirs d’enfance rapportés dans De Caen à Auschwitz, par le collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’association Mémoire Vive, André Montagne se souvient qu’à l’école primaire de la SMN, il a eu pour institutrice l’épouse du docteur Pecker (déporté et mort à Auschwitz en 1942), puis à l’École primaire supérieure Gambetta, rue de Bayeux à Caen, de 1935 à 1939, il a eu Emmanuel Desbiot (Déporté et mort à Auschwitz en 1942) comme professeur d’anglais.
  • Les Caennais, témoignage d'André Montagne
  • Note 2. Hitler ordonne que 28 otages soient immédiatement fusillés, puis 28 autres chaque jour jusqu'à l'arrestation des coupables. Il exige également la déportation de 1000 communistes.
  • Note 3. Eugène Garnier, "Organisation de la Résistance, Août 44-27 janvier 45", p. 179.

Sources

  • Mes nombreux entretiens avec André Montagne et citations extraites de mes ouvrages.
  • Ses articles aux «Lettres Françaises» et au «Monde».
  • Ses entretiens avec François Legros, professeur au collège d'Evrecy (Jean Quellien in site © Beaucoudray)
  • Photos collection André et Pauline Montagne.
  • Photo de la remise de sa légion d'honneur à Paris et photo avec Pauline à Saint Malo  © Pierre Cardon.
  • André en Bretagne en 2007, photo Pauline Montagne
  • La photo noir et blanc ci-dessus a été prise par Pauline Montagne.
  • Le Monde du 25 juin 1975 : collection Georges Guinchan.

Biographie rédigée en janvier 2001 (complétée en 2017) pour l’exposition organisée par des enseignants et élèves du collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’association Mémoire Vive, par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942 » Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.

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