L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


MARTY Marcel, Ferdinand


Marcel Marty © DAVCC
Triangle Rouge
Marcel Marty est né le 28 décembre 1895 à Puteaux (ancien département de la Seine) au domicile de son père. Il habite au 93 rue des Rosiers à Nanterre (Seine / Hauts-de-Seine) au moment de son arrestation. 
Il est le fils d’Adrienne Parent et de Ferdinand, Gustave, Marty, 29 ans, journalier, domicilié au 103, rue Voltaire.
Le 10 novembre 1914 à Nanterre, Marcel Marty épouse Gabrielle, Rosalie, Marie Reverdy. Le couple a un enfant qui naît en 1915.
De la classe 1915, Marcel Marty est mobilisé par anticipation le 15 décembre 1914, comme tous les jeunes hommes de sa classe (décret de mobilisation générale du 1er août 1914). Il est blessé deux fois au cours du conflit. Il sera « pensionné à 10 % ». Il est décoré de la Croix de guerre
Devenu veuf, Marcel Marty se remarie le 28 mars 1925 à Nanterre avec Jeanne Lovergeon, née le 15 décembre 1903 à Mesves-sur-Loire (Nièvre), ouvrière sur machine. 
Ils ont deux enfants, nés en 1925 et 1927.
Marcel Marty travaille comme peintre en bâtiment ou électricien au chantier de La Folie (il s'agit sans doute des ateliers SNCF de Nanterre).
Militant communiste, membre du Front National, il est arrêté le 9 octobre 1940, à Nanterre, par la police française, "en flagrant délit de propagande communiste" (distribution de tracts). Cette arrestation entre dans le cadre des grandes rafles organisées, avec l’accord de l’occupant, par le gouvernement de Pétain à l’encontre des principaux responsables communistes et syndicalistes d’avant-guerre de la région parisienne : les militants parisiens sont regroupé au Stade Jean Bouin et sont emmenés par cars à Aincourt. Au total, plus de 300 militants communistes, syndicalistes ou d’organisations dites «d’avant-garde», sont envoyés à Aincourt à partir du 5 octobre 1940 jusqu’à la mi-décembre.
Lire dans le blog Le camp d’Aincourt .
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Il est interné 9 novembre 1940, au camp de « séjour surveillé » d’Aincourt, près de Mantes dans la Seine-et-Oise (aujourd’hui dans le Val d'Oise), ouvert spécialement, en octobre 1940 pour y enfermer les communistes arrêtés. Sur la liste des militants communistes internés le 9 novembre 1940 émanant des Renseignements généraux reçue par la direction du camp, figurent des mentions caractérisant les motifs de leur internement. Pour Marcel Marty on peut lire « Meneur dangereux et particulièrement actif ». La mention "propagandiste" a été remplacée manuellement par celle de "meneur" pour caractériser sa "dangerosité"..
Puis il est transféré au camp de Rouillé le 6 septembre 1941. 
Liste des RG, surcharge sur le nom de Marcel, Ferdinand Marty
 qui est interné à Compiègne depuis fin juin 1941
Début mai 1942, les autorités allemandes adressent au commandant du camp de Rouillé (1) une liste de 187 internés qui doivent être transférés au camp allemand de Compiègne (Frontstallag 122). Le nom de Marcel Marty (n° 126 de la liste) y figure. 
On notera que cette liste a été raturée et qu'initialement y figurait le nom de son homonyme, Marty Marcel, né à Bordeaux et habitant Gennevilliers. Celui-ci est interné à Compiègne depuis fin juin 1941 (il y porte le matricule n° 288).
Le 22 mai 1942 c’est au sein d’un groupe de 168 internés (4) qu’il est transféré arrive au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). La plupart d’entre eux seront déportés à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet.  
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Marcel Marty est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
L'entrée du camp d'Auschwitz
Son numéro d’immatriculation lors de son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 est inconnu. Le numéro "45851 ?" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il ne figure plus dans mon ouvrage Triangles rouges à Auschwitz.
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Dessin de Franz Reisz, 1946
Marcel Marty meurt à Auschwitz le 2 novembre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 3 page 784).
Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué. Il a été déclaré "Mort pour la France" le 7 juillet 1947.
  • Note 1 : Le camp d’internement administratif de Rouillé (Vienne) est ouvert le 6 septembre 1941, sous la dénomination de «centre de séjour surveillé», pour recevoir 150 internés politiques venant de la région parisienne, c’est-à-dire membres du Parti Communiste dissous et maintenus au camp d’Aincourt depuis le 5 octobre 1940. D’autres venant de prisons diverses et du camp des Tourelles. In site de l’Amicale de Châteaubriant-Voves-Rouillé.
  • Note 2 : Dix-neuf internés de la liste de 187 noms sont manquants le 22 mai. Cinq d’entre eux ont été fusillés (Pierre Dejardin, René François, Bernard Grimbaum, Isidore Pertier, Maurice Weldzland). Trois se sont évadés (Albert Belli, Emilien Cateau et Henri Dupont). Les autres ont été soit libérés, soit transférés dans d’autres camps ou étaient hospitalisés.Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, le 22 mai 1942, en vue de sa déportation comme otage.
Sources
  • Liste des déportés politiques (archives de la mairie de Nanterre (février 1991).
  • Liste de détenus transférés du camp de Rouillé vers celui de Compiègne en mai 1942. Archives du Centre de documentation juive contemporaine : XLI-42 N° 126.
  • ACVG : juin et juillet 1992.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national de la Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen.
  • © Photo au DAVCC, Caen.
  • © Archives en ligne de Puteaux.
Biographie rédigée en novembre 2007 (mis à jour en 2017) par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com  Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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