L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


MAROTEAUX René




45837
René Maroteaux est né le 27 janvier 1922 à Puteaux (ancien département de la Seine), où il habite 29 rue Cartault au moment de son arrestation. Il est célibataire. Fils d'un ajusteur des Usines Talbot, il est lui-même fraiseur. Il a deux sœurs (Lucienne et Georgette).

Militant syndicaliste, il est l'un des "3 de la rue Cartault", jeunes communistes qui agissent dès juin 1940 (tracts aux Halles de Paris, popularisant l'Appel du Général De Gaulle). Participation aux manifestations à Nanterre, à Rueil et à la SNECMA. Attaque contre un soldat à Neuilly (attestation du Lieutenant-colonel Solari).

Accusé de sabotage, René Maroteaux est arrêté le 9 septembre 1940, puis incarcéré à la Santé jusqu'au 23 octobre 1940 et probablement libéré. Il  est de nouveau arrêté et interné au camp de « séjour surveillé » d’Aincourt, sur ordre du préfet. Près de Mantes dans le département de la Seine-et-Oise (aujourd’hui dans les Yvelines) ce camp est ouvert spécialement, en octobre 1940, pour y enfermer les communistes arrêtés dans la région parisienne par le gouvernement de Vichy. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, en vue de sa déportation comme otage.

Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45837.

René Maroteaux meurt à l'infirmerie d'Auschwitz le 16 août 1942 d’après les registres du camp.

Le titre de « déporté politique » lui a été attribué. L'association Nationale des anciens FFi-FTP l'a proposé pour la médaille commémorative, remise le 14 juillet 1949. En mai 1970, son nom est gravé sur le monument à la mémoire des Martyrs de la Résistance. Une plaque était prévue, avec le nom des "3 de la rue Cartault" : Elle n'a pas été apposée.

Sources
- Plaquette mai 1981, "La Résistance à Puteaux, Juin 1940 à Août 1944". Témoignages vécus et recueillis par Jean Nennig,
- M. Philippe Buyle, historien (février 1991).
- Mlle Chabot, archiviste (juin 88 et février 1991).
- Témoignage de Mme Marie-Louise Pairiere, veuve de Lucien Pairiere, un des "45000" de Puteaux, juillet 72.
- Témoignage de M. A. Celerier, résistant et déporté.
- Témoignage d'Emile Bouchacourt, rescapé 45000.
- Lieutenant-colonel Solari, membre de l'Etat-Major FFI pour la région parisienne.
- Témoignage de Mme Marie-Louise Pairiere, veuve de Lucien Pairiere, un des "45000" de Puteaux
- Fichier national (archives des ACVG). octobre 1993, Caen.
- Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
- Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
- Fichier national du Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.

Biographie rédigée en novembre 2007 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) .
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