L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


MANELLO Raphaël


  1.  45823

Raphaël Manello est né le 2 février 1914 à Tabarka (Tunisie) de Vincenzo Manello, marin-pêcheur, et Francesca Toscano son épouse. Il a une soeur Carolina et un frère Jean. Ses parents meurent quand il a 4 ou 5 ans. Sa grand-mère, Marianna Toscano, et sa sœur Carolina s'occupent désormais de lui. En 1927, ils s'installent en France. Carolina épouse un Français et toute la famille (grand-mère et frères) habite avec eux à Puteaux rue Victor Hugo. Raphael Manello habitera par la suite au 9 place du Marché-Sainte-Catherine à Paris (IVème) où il sera arrêté. On ignore s'il est marié, toujours est-il qu'il a un enfant.


Raphaël Manello est électricien. Il est membre du Parti communiste à Puteaux et cégétiste actif selon le témoignage d’Emile Bouchacourt( recapé de son convoi de déportation). Il participe à la lutte clandestine après l'interdiction du Parti communiste en septembre 1939 (Jean Nennig).
Il est arrêté le 27 mars 1940 (ou le 23 selon le journal local "L'Eveil" d'août 1958, édité par le PCF), par la police française. Il est condamné à un an de prison et 100 F d'amende, par défaut, car il s'est évadé lors de l'évacuation des détenus de la prison de la Santé le 10 juin 1940 en direction de Cepoy dans le Loiret.
Il est repris le 18 avril 1941 à Briare (Loiret), interné à Sens, Montargis et libéré le 12 janvier 1942.
Raphaël Manello est arrêté une troisième fois le 28 avril 1942 à son domicile à Paris IVème (9 place du Marché Sainte-Catherine), lors d’une rafle organisée par l’occupant dans tout le département de la Seine, à la suite d’une série d’attentats à Paris qui sont à l’origine de l’exécution d’otages (le 20 avril un soldat de première classe est abattu au métro Molitor, deux soldats dans un autobus parisien, le 22 avril un militaire est blessé à Malakoff). Cette rafle qui touche un très grand nombre de militants arrêtés une première fois par la police française pour activité communiste depuis l’armistice et libérés à l’expiration de leur peine, correspond vraisemblablement à l’arrestation des communistes destinés à être déportés comme otages.
Raphaël Manello est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent 28 avril 1942 au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122). Il y reçoit le numéro matricule 4310. 
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».

Raphaël Manello est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les Judéo-bolcheviks responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45823.
Raphaël Manello meurt à Auschwitz le 30 janvier 1943 d’après les registres du camp.
Le titre de «Déporté politique» lui a été attribué en 1964. Son nom est gravé sur le monument "A la mémoire de martyrs de la Résistance", érigé en mai 1970 à Puteaux.
Une cellule du PCF de Puteaux honore son souvenir après-guerre.

Sources
  • Plaquette mai 1981, "La Résistance à Puteaux, Juin 1940 à Août 1944". Témoignages vécus et recueillis par Jean Nennig,
  • M. Philippe Buyle, historien (février 1991).
  • Mlle Chabot, archiviste de la mairie de Puteaux (courriers de juin 1988 et février 1991).
  • Témoignage de Mme Marie-Louise Pairière, veuve de Lucien Pairière, "45000" de Puteaux, juillet 1972.
  • "L'Eveil" (août 1958).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fiche et dossier individuel du Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, octobre 1993, Caen (renseignements fournis par Arnaud Boulligny FMD Caen, octobre 2011).
  • Courriel et informations nouvelles de Thomas Renault, arrière-petit-fils de Carolina (octobre 2011).
  • Mémorial "GenWeb", relevé de Claude Richard.
Biographie rédigée en novembre 2007, modifiée en octobre 2011 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005).
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