L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


LEROY Louis, Emile, Eugène




45786

Louis Leroy est né le 28 septembre 1902 à la Ferté sous Jouarre (Seine et Marne). Il habite à Puteaux (ancien département de la Seine) au moment de son arrestation.
Il est marié, travaille comme ajusteur ou serrurier.
Membre du Parti Communiste, "il tient souvent les bureaux de vote pour le PC de 1924 à 1939
Auguste Monjauvis.
Louis Leroy est arrêté le 6 janvier 1941 (ou en février), par des policiers français, après une distribution de tracts, et en raison de "ses activités communistes".
Il est incarcéré à la Santé (le 9 février 41), puis à la Préfecture (18 avril 41). 

Puis interné au camp de « séjour surveillé » d’Aincourt, dans le département de la Seine-et-Oise (aujourd’hui dans le Val d’Oise), près de Mantes, ouvert spécialement, le 5 octobre 1940, pour y enfermer les communistes arrêtés dans la région parisienne par le gouvernement de Vichy. 
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, en vue de sa déportation comme otage. 
Il est enregistré à son arrivée à Compiègne sous le numéro 3587. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Louis Leroy est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Louis Leroy est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45786 selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"
Dessin de Franz Reisz, 1946
Louis Leroy meurt à Auschwitz le 7 septembre 1942 d’après les registres du camp.
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué.
Son nom est inscrit au monument des Martyrs de la Résistance, érigé à Puteaux (mai 1970). L'association Nationale des anciens FFi-FTP l'a proposé pour la médaille commémorative, remise le 14 juillet 1949.
Une cellule du PCF a porté son nom depuis 1950.

Sources

  • Plaquette mai 1981, "La Résistance à Puteaux, Juin 1940 à Août 1944". Témoignages vécus et recueillis par Jean Nennig,
  • En consultant les archives municipales, M. Philippe Buyle, historien (février 1991), a remarqué plusieurs Louis et Eugène Leroy appartenant au PC, qui figurent sur les listes électorales, entre 1925 et 1946 (c'est le 3° prénom, selon l'Etat-civil (juillet 72).
  • Témoignage de Mme Marie-Louise Pairiere, veuve de Lucien Pairiere, un des "45000" de Puteaux.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
Biographie rédigée en novembre 2005 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) .
Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.comPensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

Aucun commentaire: