L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


LACROIX Louis Lucien




45712

Louis Lacroix est né le 1 septembre 1921 à Bayeux (Calvados), frère jumeau d'André. Il habite chez ses parents au 13 cité Bellevue à Bayeux, au moment de son arrestation.
Il est célibataire, ouvrier peintre.

Louis Lacroix est un militant communiste, comme son frère. Ils « travaillaient pour la Résistance » selon Yvonne Lerouge, résistante de Bayeux, déportée au camp de Ravensbrück.
Louis Lacroix est arrêté le 2 mai 1942, par la police française. Son arrestation a lieu en représailles au déraillement de deux trains de permissionnaires allemands à Moult-Argences (38 morts et 41 blessés parmi les permissionnaires de la Marine allemande à la suite des sabotages par la Résistance, les 16 et 30 avril 1942, de la voie ferrée Maastricht-Cherbourg où circulaient deux trains militaires allemands. Des dizaines d’arrestations sont effectuées à la demande des occupants. Pour lire « le double déraillement de Moult-Argences et les otages du Calvados », cliquer sur « Article » dans « Rubriques » du blog.
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, le 4 mai, en vue de sa déportation comme otage.

Louis Lacroix est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45 712. On trouve son nom sur le registre de l’infirmerie le 19 septembre 1942.

Louis Lacroix meurt à Auschwitz le 5 mars 1943, d’après les registres du camp.
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué.
Il a été déclaré "Mort pour la France".

Sources
- Lettres de sa mère à André Montagne : " il était plus grand que son frère, blond ».
- Lettre de son père, Eugène Lacroix, à André Montagne.
- Fiche FNCEIRP, remplie par Mme LACROIX (n° 21437).
- Lettre du Comité de Libération de Bayeux (juillet 45).
- Attestation d'André Montagne (21/2 /49).
- Bayeux et le Bessin 1940-44, Préface de Georges Quellien
- Fichier des ACVG (Caen).
- Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
- Fichier national du Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.

Biographie rédigée en janvier 2001 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) à l’occasion de l’exposition organisée par des enseignants et élèves du collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’association Mémoire Vive,
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