L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


FAURIE Paul, Léonard




Matricule "45530" à Auschwitz
Liste des RG, 24 juin 1941, montage avec l'entête de la liste

Paul Faurie est né le 28 juillet 1905 à Chamboulive (Corrèze). Il habite au 125 rue Edouard Vaillant à Levallois-Perret (ancien département de la Seine) au moment de son arrestation.
Il est marié, père d'un enfant. Chauffeur de taxi à Levallois (1).

Membre du Parti communiste, Paul Faurie est arrêté le 24 juin 1941, par la police française, comme communiste. La liste des Renseignements généraux mentionne "Membre actif de l'ex Parti communiste, meneur des plus habiles.
Le 22 juin 1941, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique, sous le nom d’Aktion Theoderich, les Allemands arrêtent dans la zone occupée et avec l’aide de la police française, plus de mille communistes. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise - 60), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”. Paul Faurie est incarcéré au Fort de Romainville, puis il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, le 27 juin, en vue de sa déportation comme otage. 
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation

Paul Faurie est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des 45000. Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45530" selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz.
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Paul Faurie à Auschwitz le 8 juillet 1942
Dans une lettre adressée à sa veuve, Eugène Garnier raconte les conditions dans lesquelles Paul Faurie a disparu. 
"Paul Faurie, Roger Bonnifet et l’un des frères Clément (Ernest) ont été tous les trois pris dans une sélection et destinés à passer à la chambre à gaz. (...) Ils ont été emmenés en camion et tous trois chantaient de toutes leurs forces la Marseillaise. Cet évènement a fait beaucoup de bruit dans le camp de Birkenau où il eut lieu, aussi bien que dans le camp (principal) d’Auschwitz où les SS eux-mêmes furent ébranlés par l’héroïsme de nos camarades. D’ailleurs, quand nous avons été libérés par l’Armée rouge, nous avons fait (André Faudry de Saint-Maur et moi) un rapport la Commission d’enquête soviétique dans lequel nous avons cité cet évènement". Eugène Garnier situe ce départ pour la chambre à gaz en janvier 1943.
Le nom de Paul Faurie figure sur un registre de l’infirmerie le 7 janvier 1943 mais non dans les livres des morts d’Auschwitz conservés. Mais on y trouve celui d’Ernest Clément à la date du 19 février 1943. Compte tenu du témoignage d'Eugène Garnier on peut donc penser que Paul Faurie est mort ce même jour, le 19 février 1943.
Le titre de Déporté politique » lui a été attribué. Il a été déclaré "Mort pour la France".

  • Note 1 : il y a six chauffeurs de taxi parmi les "45000" de Levallois :  Maxime Collet , Aimé Doisy, Paul Faurie, Germain Feyssaguet, Jean-Baptiste LoryJean Marétheux. C’est à partir des souvenirs recueillis auprès de son mari, ancien « taxi » de Levallois, que madame Faurie a pu nous le préciser. Après les grèves de 1938, plusieurs de ces militants communistes se font embaucher à la « G7 » comme chauffeurs de taxi, après avoir été licenciés de leurs entreprises où ils étaient ébénistes, comptables, électriciens... 
Sources
  • Livre des déportés ayant reçu des médicaments à l'infirmerie de Birkenau du 1.11.1942 au 150.7.1943.
  • Témoignage de sa veuve (20 avril 1972).
  • Lettre d'Eugène Garnier à Madame Faurie (25 juillet 1945).
  • La photo d'immatriculation à Auschwitz a été identifiée par sa femme.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
Biographie rédigée en 2007, complétée en 2015, par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) .
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