L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


DOISY Aimé, Gaston


Aimé Doisy est né le 2 juillet 1897 à Paris (13ème). Il habite au 17 rue Trézel à Levallois-Perret (Seine / Hauts-de-Seine) au moment de son arrestation. Mécanicien, puis chauffeur de taxi selon Madame Faurie (1).
Il est le  fils de Marie Ouvrard, 26 ans, journalière, et d’’Auguste Doisy, 32 ans, palefrenier, son époux. Ses parents habitent au 58 rue de l’Orient à Paris 18ème.
Au moment du conseil de révision, Aimé Doisy habite au 17 rue Trézel à Levallois-Perret. Il travaille comme mécanicien-ajusteur, puis sera mouleur, puis chauffeur de taxi.
Conscrit de la classe 1917, il est recensé dans le département de la Seine (matricule 5379). Il est mobilisé par anticipation d'un an en janvier 1916, comme tous les jeunes hommes de sa classe depuis la mobilisation générale d'août 1914. Le 11 janvier 1916, il est incorporé au 1er groupe d'Aérostation, comme mécanicien. Le 5 janvier il "passe" au 1er groupe d'aviation. En octobre 1917, il passe au 2ème groupe d’aviation. Le 28 août 1917, le groupe est affecté en Italie, jusqu’au 26 mai 1918. Le 27 juillet 1919, il est démobilisé et "se retire" rue Trézel.
Le 12 février 1921, à Levallois-Perret, Aimé Doisy épouse Marie, Simone, Doussot. Le couple aura une fille, Gisèle.
En février 1923, le couple habite au 1 rue d’Alsace, à Levallois. En août 1925, ils sont domiciliés au 3 rue Poyer à Clichy-la-Garenne.
À partir de juin 1929, ils reviennent habiter au 17 rue Trézel à Levallois.
Il est membre du Parti communiste. 
Sa classe (la 1915, comme père d'un enfant) est mobilisable à la déclaration de guerre en septembre 1939. Le 27 décembre 1939, Aimé Doisy est affecté au Bataillon de l’air N°103. Il est démobilisé le 11 juin 1940. Après son arrestation le 22 juin 1941, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique, sous le nom «d’Aktion Theoderich", les Allemands arrêtent dans la zone occupée et avec l’aide de la police française,», plus de mille communistes. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”.
André Doisy est interné au camp de Rouillé et transféré à Compiègne le 22 mai 1942 en vue de sa déportation comme otage.Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Aimé Doisy meurt à Auschwitz le 24 septembre 1942 d’après les registres du camp.
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a pas été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué.
  • Note 1 : il y a six chauffeurs de taxi parmi les "45000" de Levallois :  Maxime Collet , Aimé DoisyPaul FaurieGermain FeyssaguetJean-Baptiste LoryJean Marétheux. C’est à partir des souvenirs recueillis auprès de son mari, ancien « taxi » de Levallois, que madame Faurie a pu nous le préciser. Après les grèves de 1938, plusieurs de ces militants communistes se font embaucher à la « G7 » comme chauffeurs de taxi, après avoir été licenciés de leurs entreprises où ils étaient ébénistes, comptables ou électriciens... 
Sources
  • Témoignage de madame Faurie veuve de Paul Faurie, déporté dans le convoi du 6 juillet, avec 5 autres chauffeurs de taxi de Levallois.
  • Archives municipales de Levallois-Perret.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen.
Biographie rédigée en 2007 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005).
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