L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


COLIN Marcel







45379

Marcel Colin est né le 1er mars 1920 à Saint-Brieuc (Côtes du Nord-22). Il habite Caen (Calvados) au moment de son arrestation. Son père est le directeur de l'Ecole Primaire Supérieure Gambetta. Il est étudiant en pharmacie. Célibataire.
Il est arrêté à deux reprises en 1941 : une première fois, devant le siège de la Légion française, après une «manifestation patriotique contre le bolchevisme». Il est conduit au commissariat de Caen, "sur la plainte de M. Lecomte, chef du bureau de la LVF de Caen". La deuxième fois avec son frère Lucien et Emmanuel Desbiot, professeur d'anglais, pour avoir déposé une gerbe au Monument aux Morts, le jour du 11 novembre 1941. Jugé en flagrant délit par le Tribunal de simple police de Caen, Marcel Colin est aussitôt relâché.

Le 7 mai 1942, il est arrêté à son domicile avec son frère, par la police allemande.
Son arrestation a lieu en représailles au déraillement de deux trains de permissionnaires allemands à Moult-Argences (38 morts et 41 blessés parmi les permissionnaires de la Marine allemande à la suite des sabotages par la Résistance, les 16 et 30 avril 1942, de la voie ferrée Maastricht-Cherbourg où circulaient deux trains militaires allemands. Des dizaines d’arrestations sont effectuées à la demande des occupants. Pour lire « le double déraillement de Moult-Argences et les otages du Calvados », cliquer sur « Article » dans « Rubriques » du blog.
D'abord incarcéré au Petit-Lycée de Caen, Marcel Colin est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, le 9 mai, en vue de sa déportation comme otage.
A Compiègne son jeune frère, Lucien, a tenu un journal très émouvant (du 9 mai au 4 juillet). Les deux jeunes gens s'encouragent l'un l'autre, et ne se quittent pas.

Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45379.
Marcel Colin a été soigné par son frère au block 12 (infirmerie). Affecté au Block 7 (qui rassemblait les déportés destinés à la chambre à gaz), iI meurt à Birkenau le 4 novembre 1942, d’après les registres du camp.
Une rue de Caen a été nommée « rue des frères Colin ».

Sources

  • Témoignage de leur père dans " Après Auschwitz" (juillet-août 1947).
  • Recherche et témoignage de David Badache.
  • Journal de Lucien Collin tenu à Compiègne.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
Biographie rédigée en janvier 2001 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Autrement, Paris 2005) à l’occasion de l’exposition organisée par des enseignants et élèves du collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’association Mémoire Vive,
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