L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CAPLIEZ Georges


Georges Capliez est né le 1er décembre 1920 à Paris (XII°). Il habite au 4 rue Cartault à Puteaux (ancien département de la Seine) au moment de son arrestation. Il est célibataire, militant CGT dans son entreprise.
Georges Capliez est, avec Roger Bourneix et René Maroteaux, l'un "des 3 de la rue Cartault", un groupe de jeunes communistes remarquables par leurs actions, dès juin 1940 : Tracts aux Halles de Paris après l'Appel du général de Gaulle, manifestations anti-allemandes à Rueil, à Nanterre, à la SNECMA. Attaque d'un soldat allemand à Neuilly.
Il est arrêté par la police française le 9 novembre 1940. Il est interné à la Santé, puis au camp de « séjour surveillé » d’Aincourt, dans le département de la Seine-et-Oise (aujourd’hui dans le Val d'Oise) ouvert spécialement, en octobre 1940, pour y enfermer les communistes arrêtés dans la région parisienne par le gouvernement de Vichy. Puis il est interné aux camps de Gaillon et Voves. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, en vue de sa déportation comme otage. . Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Son numéro d’immatriculation lors de son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 est inconnu. Lire dans le blog le récit du premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale". Le numéro « 45327 ? » figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il ne figure plus dans mon dernier livre Triangles rouges à Auschwitz. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks. On ignore dans quel camp il est affecté à cette date.
Dessin de Franz Reisz, 1946

Georges Capliez meurt à Auschwitz le 20 août 1942, d’après les registres du camp.
Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué.
Une plaque commémorative, prévue rue Cartault, pour honorer la mémoire des 3 jeunes déportés qui y habitaient, n'a jamais été posée.
Leur nom figure sur le monument aux Martyrs de la Résistance, érigé en 1970 à Puteaux.

Sources
  • Plaquette mai 1981, "La Résistance à Puteaux, Juin 1940 à Août 1944". Témoignages vécus et recueillis par Jean Nennig,
  • M. Philippe Buyle, historien (février 1991).
  • Mlle Chabot, archiviste (juin 88 et février 1991).
  • Témoignage de Mme Marie-Louise Pairiere, veuve de Lucien Pairiere, un des "45000" de Puteaux, juillet 72.
  • ACVG, avis de décès avril 1992. Les registres d'Etat-civil portent comme date de décès le 15 septembre 1942 : cette date est erronée. Dans l'ignorance des dates précises, les services français d'Etat Civil ou les ACVG (pour établir les pensions aux familles), ont souvent fixé des dates fictives dans les années qui ont suivi la guerre (le jour du départ, le 1° du mois, le 15, le 30, le 31).
  • Archives municipales de Puteaux.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen, octobre 1993.
Biographie rédigée en novembre 2007 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005).
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