L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BUREL Marcel, Alexandre, Alphonse


Marcel Burel est né le 8 juillet 1896 à Rouen (Seine Maritime). Il habite au 31 rue Jean-Jacques Rousseau à Issy-les-Moulineaux (ancien département de la Seine) au moment de son arrestation. 
Marc el Burel est le fils de Victorine, Eugénie Mauger, 28 ans, tisseuse et d'Alexandre, Louis, Albert Burel, 26 ans, employé d'octroi, son époux. Ses parents habitent 27 rue de la Fonderie à Rouen..
Livret militaire

Conscrit de la classe 1916, Marcel Burel est mobilisé en 1915 et arrive au 129ème RI le 11 avril 1915. On  sait par son registre matricule militaire qu'il mesure 1 m 72, a les cheveux et les yeux châtain et possède un niveau d'étude N° 3 (éducation de niveau primaire supérieure).
Il passera successivement au 24ème, et 28ème RI. Il est blessé à deux reprises : le 1er juin 1916 et le 14 juin 1918 à la ferme des Loges.
Après l'armistice, il est porté déserteur le 7 juin 1919. Il rejoint volontairement son régiment le 17 juin... Pour ces 10 jours d'absence, il passe en conseil de guerre pour désertion et est condamné à 2 mois de prison le 19 août 1919 (il sera amnistié le 21 février 1933).
Il est marié (1). Il travaille comme employé de commerce.
21 avril 1923, il habite au 52 rue Jeanne d'Arc à Rouen, logé aux grands magasins Dufayel.
Il déménage en région parisienne et le 16 octobre 1937, il habite au 32 rue Jean-Jacques Rousseau à Issy-les-Moulineaux.
Marcel Burel est mobilisé le 4 mars 1940 au dépôt n° 21.
Il est arrêté le 18 décembre 1940 pour distribution (ou pour détention) de tracts, interné à la Santé, puis à Fresnes (le 1er janvier 1941). 
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne, en vue de sa déportation comme otage. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
On ignore son numéro d’immatriculation à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschshwitz L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale".
© Dessin de Franz Reisz
Le numéro inscrit dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Le numéro matricule de ce déporté dont nous possédons la photo prise à l’immatriculation le 8 juillet, quoique plausible (ordre alphabétique et visage du déporté qui correspond à l’âge de Marcel Burel), ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Seule la reconnaissance, par un membre de sa famille ou ami de la photo d’immatriculation publiée au début de cette biographie pourrait désormais en fournir la preuve.
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks. On ignore dans quel camp il est affecté à cette date.
Marcel Burel meurt à Auschwitz le premier septembre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Sterbebücher von Auschwitz Tome 2 page 150 et le site internet © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau).
  • Note 1 : mention faite sur sa fiche au DAVCC, mais aucune mention sur son acte de naissance.
 Sources
  • Avis de décès : avril 1992.
  • Archives en ligne des Seine Maritime. Etat civil et registre matricule.
  • Archives municipales
  • Sterbebücher von Auschwitz , Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national de la Division des archives des Victimes des Conflits Contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen.
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946).
Biographie rédigée en novembre 2005, complètée en août 2015 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) à l’occasion de l’exposition organisée par l’association « Mémoire vive » et la municipalité de Gennevilliers.Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.comPensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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