L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BISILLON André




Matricule "45251" à Auschwitz


André Bisillon est né le 8 décembre 1895 à Toutry (Côte d'Or). Il habite au 16 rue Hoche à Puteaux (Seine / Hauts-de-seine) au moment de son arrestation.
Il est le fils de Geneviève, Honorine Voisin, 33 ans, sans profession et de Jean-Baptiste Bisillon, 43 ans, ajusteur, son époux. Ses parents habitent le hameau de Montzeron par Toutry.
Conscrit de la classe 1915, il est mobilisé fin 1914, comme tous les jeunes hommes de sa classe après la déclaration de guerre. On sait par sa famille qu'il a été a été mutilé de geurre.
Le 6 août 1929, il épouse à la mairie de Suresnes (Seine / Hauts-de-Seine), Germaine Helluin, 34 ans, née à Reims.
Il est métallurgiste, puis employé communal (surveillant d'octroi).
Militant communiste, il est aussi responsable du Syndicat CGT des Communaux de Puteaux. En 1936, il appartient au Bureau du Comité de propagande et d'actions syndicales. Membre de l'ARAC, il adhère au Mouvement Amsterdam-Pleyel.
Plusieurs dates existent concernant son arrestation : 9 novembre 1940 ou en février 194I, selon "L'Eveil" journal local du PC, qui précise "avec 30 de nos camarades") et aurait été interné à Aincourt. Mais on ne trouve pas mention de cette internement dans les archives du camp d'Aincourt.
Extrait de la liste des RG du 26 juin 1941, montage à partir du début de la liste

Par contre aux archives de la Préfecture de police de Paris, son nom est mentionné sur une liste des Renseignements généraux répertoriant les communistes internés administrativement le 26 juin 1941. Elle indique pour André Bisillon : « Meneur particulièrement actif ».
Cette arrestation a lieu dans le cadre d’une grande rafle concernant les milieux syndicaux et communistes. En effet, le 22 juin 1941, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique, sous le nom «d’Aktion Theoderich», les Allemands arrêtent plus de mille communistes dans la zone occupée, avec l’aide de la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy (ici l’Hôtel Matignon), ils sont envoyés en vue de leur déportation comme otages, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), le Frontstalag 122 administré par la Wehrmacht.
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
André Bisillon est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45251".
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a pas été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Dessin de Franz Reisz, 1946
André Bisillon meurt à Auschwitz le 29 août 1942 d’après les registres du camp.
Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué.
L'association Nationale des anciens FFI-FTP l'a proposé pour la médaille commémorative de la guerre 1939-1945, remise le 14 juillet 1949. En mai 1970, son nom est gravé sur le monument à la mémoire des Martyrs de la Résistance (mai 1970).
En 1947, son épouse, membre du PCF était mécanicienne.

Sources
  • Plaquette mai 1981, "La Résistance à Puteaux, Juin 1940 à Août 1944". Témoignages vécus et recueillis par Jean Nennig,
  • M. Philippe Buyle, historien (février 1991).
  • Mlle Chabot, archiviste (juin 88 et février 1991).
  • Témoignage de Mme Marie-Louise Pairière, veuve de Lucien Pairière, un des "45000" de Puteaux, juillet 72.
  • L'état civil porte le 15 septembre comme date de décès. Cette date est fictive : dans l'ignorance des dates précises, les services français d'Etat Civil ou les ACVG (pour établir les pensions aux familles), ont souvent fixé des dates fictives dans les années qui ont suivi la guerre (le jour du départ, le 1° du mois, le 15, le 30, le 31).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national de la Division des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Acte de décès d'avril 1992.
  • Archives en ligne de Côte d'Or.
  • © Dessin de Franz Reisz, in « Témoignages sur Auschwitz », ouvrage édité par l’Amicale des déportés d’Auschwitz (1946).
  • Archives de la Préfecture de police de Paris. RG.
Biographie rédigée en novembre 2007, complétée en 2015 et 2016, par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com  Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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