L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BIGOT Georges, Léon, Victor



Georges Bigot est né le 6 juillet 1904 à Flers (Orne). Il habite Cité Bellevue à Bayeux (Calvados) au moment de son arrestation.
Il est marié, père de 4 enfants âgés de 2, 8, 11 et 16 ans.
Georges Bigot est ouvrier ajusteur, il entre à la SNCF le 6 avril 1925.
Secrétaire du Syndicat des cheminots bayeusains, formé après la réunification des deux sections syndicales (1935). Secrétaire de l'Union locale de 1935 à 1937 (au moins). Il fait partie de la délégation de quatre cheminots qui remet au Préfet une protestation contre les décrets-lois de novembre 1938 et demande le respect des conventions collectives des chemins de fer. «Il travaillait pour la Résistance» selon Yvonne Lerouge, déportée de Bayeux, au camp de Ravensbrück.
Il est membre du Parti communiste.
Le premier mai 1942, Georges Bigot est arrêté comme otage, à Bayeux, par la police française, à la suite du déraillement de deux trains de permissionnaires allemands à Moult-Argences (38 morts et 41 blessés parmi les permissionnaires de la Marine allemande à la suite des sabotages par la Résistance, les 16 et 30 avril 1942, de la voie ferrée Maastricht-Cherbourg où circulaient deux trains militaires allemands. Des dizaines d’arrestations sont effectuées à la demande des occupants. Lire «le double déraillement de Moult-Argences et les otages du Calvados». Il est conduit à la Gendarmerie de Bayeux, puis il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, le 4 mai 1942, en vue de sa déportation comme otage.

Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu. Le numéro 46220 figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) était signalé comme incertain. Il correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Elle avait notamment pour objectif de faciliter l’identification des 524 photos anthropométriques de « 45000 » préservées de la destruction par des résistants du camp et retrouvées après la libération d’Auschwitz. Cependant, cette reconstitution n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il serait donc hasardeux de maintenir ce numéro en l’absence de nouvelles preuves.

Le 13 juillet - après les cinq jours passés par l’ensemble des “45000” à Birkenau - il est ramenée au camp principal (Auschwitz-I) après l’appel du soir. Avec Etienne Cardin, Marcel Cimier et Roger Pourvendier, il est assigné au Block 17-A. Il est d’abord affecté comme mécanicien dans un garage de voitures personnelles des SS. Ne sachant pas parler allemand, ils en sont rapidement évincés par le Kapo polonais au bénéfice de compatriotes nouvellement arrivés et envoyés vers des Kommandos plus difficiles (témoignage de Marcel Cimier).

Georges Bigot meurt à Auschwitz le 18 septembre 1942 d’après les registres du camp.

Sources
  • Lettre du Comité de libération de Bayeux à André Montagne (18 juillet 45).
  • Cahier-témoignage dactylographié de Marcel Cimier, Les incompris
  • Archives départementales M.520 - Bayeux 321.
  • Archives « de Brinon »
  • "Les Cheminots du Calvados", Josianne Roquebert, Mémoire de maîtrise, Caen, (1973).
  • Renseignements fournis par Jean Quellien, historien, fév.1992.
  • Bayeux et le Bessin 1940-44, Préface de Jean Quellien
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen.
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, tome 19, page 164
Biographie rédigée en janvier 2001 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) à l’occasion de l’exposition organisée par des enseignants et élèves du collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’association Mémoire Vive,
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