L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BAIXAS Clarin Bonaventure



Matricule 45192 à Auschwitz

Clarin Baixas est né le 13 septembre 1908 à Pia (Pyrénées-Orientales). Il est le fils de Mathilde Garetta, 39 ans, sans profession et de Michel Baixas, 40 ans,  cultivateur, son époux. 
Il habite au 188 rue Philippe Triaire à Nanterre (Seine / Hauts-de-Seine) au moment de son arrestation. Il est marié avec Raymonde Mora, née le 15 août 1913 à Paris XIIIe, ils ont quatre enfants, tous nés à Paris : Roger (1931), Micheline (1932), Odette (1934) et Colette (1939).
Membre du Parti communiste, travaillant comme marbrier, Clarin Baixas fut élu conseiller municipal communiste de Nanterre le 12 mai 1935, sur la liste dirigée par Pierre Brandy et Raymond Barbet.
Le conseil de Préfecture le déchoit le 29 février 1940, pour appartenance au Parti communiste. Il est arrêté à deux reprises pendant la guerre pour "propagande clandestine".
Feuille de renseignements des RG envoyée au directeur  du Camp d'Aincourt
Le 5 octobre 1940, il est arrêté par la police française dans la grande rafle organisée, avec l’accord de l’occupant, par le gouvernement de Pétain à l’encontre des principaux responsables communistes d’avant-guerre de la Seine (élus, cadres du parti et de la CGT).
Il est interné le même jour avec ses camarades, au camp de « séjour surveillé » d’Aincourt, près de Mantes dans la Seine-et-Oise, aujourd’hui dans les Yvelines, ouvert spécialement, en octobre 1940 pour y enfermer les communistes arrêtés.
Puis il est transféré au camp de Gaillon.
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, en vue de sa déportation comme otage. Son épouse et son fils aîné, Roger, lui ont rendu visite à Aincourt et à Royallieu. 
Pendant sa détention en France, Clarin Baixas fait des dessins à la plume pour ses enfants.
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Clarin Baixas est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45192 (sa photo d'immatriculation a été reconnue par Roger, son fils aîné).
Clarin Baixas est mort à Auschwitz. Mais aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. Dans les années d’après-guerre, l’état civil français n’ayant pas eu accès aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques a fixé celle-ci en septembre 1942. 
En 1945, des rescapés ont dit à sa famille que Clarin Baixas était mort du typhus dans le train le conduisant à Auschwitz, certainement pour éviter l'évocation des souffrances connues au camp.
Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué le 1er juillet 1955. Il a été déclaré "Mort pour la France".
Une rue de Nanterre honore son nom.

Sources

  • Archives de Nanterre, liste de déportés.
  • Lettre (mars 2006) de sa fille, Mme Odette Breton, dont le frère aîné a reconnu la photo "en rayé".
  • ACVG juin 1992.
  • Mairie de Pia (66) le 10 août 1992.
  • Archives de la Préfecture de police, Cartons occupation allemande, BA 2374. 
  • Le registre d'état-civil porte la mention "Mort au camp de Compiègne, le 6 juillet 1942" comme date de décès : dans l'ignorance des dates précises, les services français d'Etat-Civil ou les ACVG (pour établir les pensions), ont souvent fixé des dates fictives dans les années qui ont suivi la guerre (le jour du départ, le 1° du mois, le 15, le 30, le 31).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen.
  • Photo d'immatriculation à Auschwitz : Musée d'état Auschwitz-Birkenau / collection André Montagne.
  • © Photo de wagon à Auschwitz, in Bulletin de l’Amicale des déportés tatoués du convoi du 27 avril 1944.
  • © Musée d'Auschwitz Birkenau. L'entrée du camp d'Auschwitz 1.
  • Photo plaque © Pierre Cardon.
Biographie rédigée en novembre 2007 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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