L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


AUMONT Roger







Roger Aumont est né le 13 décembre 1903 à Saint-Sever (Calvados). Il habite route de Vire à Sourdeval-la-Barre (Manche) au moment de son arrestation. Il est marié, père de deux enfants.
Fromager, il effectue les livraisons auprès des épiciers détaillants, ce qui lui permit de circuler dans le secteur durant l’occupation.
Il est adhérent du Parti communiste depuis 1930, secrétaire de la cellule communiste de Sourdeval.
En 1940, il aide la direction de son parti à reprendre des contacts dans la région.
Il prend liaison avec le groupe “Jean Fresnay” de Saint-Michel-de Montjoie (Manche). Sa mère, coiffeuse, abrite un petit groupe dont faisait partie son fils et son garçon-coiffeur, André Blouet. Ce groupe confectionne des tracts anti-allemands qu’il distribe ou adresse par voie postale.
Roger Aumont crée plusieurs groupes d’action à Sourdeval.
Il prépare le sabotage d’un train de matériel mais la tentative échoue.
Apprenant avec indignation l'exécution, le 22 octobre 1941, des otages de Châteaubriant, Nantes et Bordeaux,
Roger Aumont organise avec l'hôtelier Jules Lanssade et l'ouvrier Jacques Bazin, une collecte dont le produit est destiné à l'achat d'une gerbe portant sur le ruban : " Aux fusillés de Nantes et de Bordeaux ".
Elle est déposée le 1er novembre au Monument aux Morts.
Ce fait est mentionné sur sa fiche d’otage par les autorités allemandes (document ci-contre).
Le Maire fait retirer le ruban, mais la population manifeste sa solidarité, si bien qu’il renouvelle son geste le 11 novembre.

Le Maire fait alors appel aux Renseignements généraux de Saint-Lô qui arrêtent Roger Aumont (le 12 ou le 14 novembre). Il est interné au camp français de Gaillon (Eure). Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».

Roger Aumont est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Roger Aumont meurt à Auschwitz le 15 octobre 1942 d’après les registres du camp d’après les registres du camp (in Death Books from Auschwitz, Tome 1 page 36).
Sa femme, Irène, a continué le combat après l’arrestation de son mari.

Sources

  •  Fiche d'otage (C-A, p. 22).
  • La Résistance du Bocage. André Debon et Louis Pinson, Alençon. 1988.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
Biographie rédigée en avril 2001 par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Autrement, Paris 2005) pour le livre "De Caen à Auschwitz" (Collège Paul Verlaine d'Evrecy, Lycée Malherbe de Caen et Association Mémoire vive) juin 2001, Ed. Cahiers du temps.
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