L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


SCHNEIDER Joseph, Charles


Collection Gisèle Do, sa fille
Matricule "46258" à Auschwitz

Joseph Schneider est né le 23 avril 1898 à Villerupt (Meurthe-et-Moselle). Il est le fils de Barbe Scheidman, ageé de 32 ans et de Michel Schneider, 35 ans, journalier, son époux.
Il est domicilié à Auboué au moment de son arrestation.
Conscrit de la classe 1918, matricule 1520, Joseph Schneider s'engage volontairement dans Marine Nationale.
Il a épousé Maria, Jeanne Reynard le 29 novembre 1921 à Rombas (Moselle).
Il est veuf depuis le 16 juin 1941, il a 3 enfants, Gisèle (née le 7 février 1922 à Robas (Moselle), Jean (né le 18 février 1927 à Auboué) et Serge (né le 25 juillet 1924 à Montois la Montagne (Meurthe et Moselle). Il est chef d'équipe à l'usine métallurgique d'Auboué (qui faisait partie du groupe Pont-à-Mousson). 

Il est mandaté au Congrès national CGT de 1937, et devient en 1938 secrétaire du Syndicat des Métaux CGT de la ville. Sportif, il est adhérent de la FSGT. 
Il est licencié le 30 novembre 1938 par la société Pont à Moussons, avec une grande partie du conseil syndical, dont Maurice Froment. C'est la vague de répression qui suit l'échec de la grève générale des 29 et 30 novembre 1938 (76 % de grévistes à Auboué, mais 20, 6 % de grévistes dans les Métaux, 8 % dans la métallurgie, 20, 4% dans les mines de fer). 
Joseph Schneider
Joseph Schneider devient alors cafetier. Son café sert de lieu de réunion à la Résistance et de passage des prisonniers.
Le 15 août 1941 il participe à plusieurs actions de résistance comme chef des groupes de combat FTPF et participe à des actions de sabotage.
Interné à 2 reprises sur décision administrative, Joseph Schneider est gardé à vue le 5 février après l'arrestation de 3 membres du réseau en réunion dans son café. 

A la suite du sabotage du transformateur d'Auboué (4 février 1942), Speidel à l’Etat major du MBF annonce qu’il y aura 20 otages (cliquez sur ce lien pour lire l'article sur le sabotage du transformateur).
Joseph Schneider est à nouveau arrêté à son domicile par la Feldgendarmerie le 7 février 1942, en même temps que son fils Serge (1), Louis Brésolin, Dautréau, Pasquini, René Favro, Valère Henry, Maurice Froment, Jean Perot et Charles Mary, Emile Tunési. Emprisonné "en cellule" à la prison Charles III de Nancy (du 7 février au 2 mars). Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent en même temps que 18 autres personnes, dont son fils Serge, au camp de Royallieu à Compiègne, le 2 mars 1942, en vue de sa déportation comme otage (d'après le témoignage de Serge Schneider, un vingtième otage est décédé avant le transfert à Compiègne).
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportatio
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941 Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Joseph Schneider est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "46258". Il meurt le 29 novembre 1942 selon les registres du camp.
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a pas été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 

Il est homologué "Déporté Résistant", déclaré mort pour la France en 1947. 
Médaille de la Résistance
La Médaille de la Résistance française lui est décernée le 30 avril 1974.
Note 1
Serge, n'avait pas 18 ans : membre des Jeunesses communistes, des tracts du Parti communiste avaient été saisis dans sa chambre. 
Egalement arrêté le 7 février 1942, avec 18 autres communistes, dont son père, il est interné comme lui à Compiègne. Une condamnation à 3 mois de prison le sauve de la déportation à Auschwitz le 6 juillet 1942. Il sera déporté en janvier 1943 à Sachsenhausen, dont il reviendra. On peut lire ses témoignages sur le site de l'association http://association-cpma.fr/ tenu par M. Alain Prato, professeur d'histoire au collège. 
Le 6 juin 2014 l'amphithéâtre Serge Schneider est inauguré au collège Berty Albrecht de Sainte-Maxime (Var), où infatigable passeur de mémoire il venait régulièrement témoigner. Il est décédé le 10 novembre 2013. Les élèves lui ont rendu hommage avec un dépôt de gerbes lors de la visite du camp de Sachsenhausen. 
La fille de Joseph Schneider, Gisèle, sera arrêtée en 1943 comme agent de liaison et déportée à Ravensbrück le 29 août 1943.


Sources
  • Lettre de sa fille, Mme Gisèle Do, à Roger Arnould (30 juin 1973).
  • Lettre de son fils Serge Schneider, à l’époque vice-président de la FNDIRP du Var (sept 1992).
  • Section des déportés, internés, familles de fusillés d'Auboué : M. Corziani (mars 1991)
  • " Antifascisme et Parti communiste en Meurthe-et-Moselle " Jean Claude et Yves Magrinelli. Page 122.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
Biographie rédigée en 1997 (complétée en 2016) pour la conférence organisée par la CGT et le PCF de la vallée de l’Orne, à Homécourt le 5 juillet 1997 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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