L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


PELLERIN Clément




45958
Rescapé

Clément Pellerin est né le 2 janvier 1907 à Saint-Agnant-les-Marais (Charente-Maritime). 

Il habite au 1 rue Grotins à Suresnes (ancien département de la Seine) au moment de son arrestation.
Il est père d’un enfant.
Il est ajusteur, mécanicien sur autos.
Militant communiste, responsable du Front National clandestin à l'échelon local, il diffuse des tracts appelant à saboter la production de guerre (attestation de R. Langevin, Saint-Cloud).

Extrait de la liste des RG du 26 juin 1941, montage à partir du début de la liste
Dans la nuit du 25 au 26 juin 1941, des policiers français l'arrêtent à son domicile. 
La liste des Renseignements généraux répertoriant les communistes internés administrativement le 26 juin 1941, mentionne pour Clément Pellerin : « Meneur particulièrement actif ». l'enferment au Fort de Romainville. Cette arrestation a lieu dans le cadre d’une grande rafle concernant les milieux syndicaux et communistes. 
En effet, le 22 juin 1941, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique, sous le nom «d’Aktion Theoderich», les Allemands arrêtent plus de mille communistes dans la zone occupée, avec l’aide de la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy (ici l’Hôtel Matignon), ils sont envoyés en vue de leur déportation comme otages, à partir du 27 juin 1941 (le 28 pour Clément Pellefrin), au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), le Frontstalag 122 administré par la Wehrmacht. l est remis aux autorités allemandes à leur demande. 
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45958". Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Clément Pellerin est affecté au block 22 A.
Il est transféré à Mauthausen le 21 janvier 19
45 (il y reçoit le matricule 120165), puis au camp de Gusen.
Il est libéré par les troupes américaines le 5 mai, et regagne la France (Hôtel Lutétia) le 19 mai 1945.
Très éprouvé, il est hospitalisé jusqu'au 24 mars 1946.
Après un premier refus, il est homologué "Déporté Résistant" le 30 mai 1956 (N° 10012 9385) photo en tête de cette biographie.
Clément Pellerin meurt à l'Hôpital de Marseille, le 12 décembre 1972.

Sources


  • Témoignage d'Emile Bouchacourt, son meilleur ami à Auschwitz.
  • Certificat d'appartenance au Front National, à la RIF (FNDIRP, M. R. Langevin, déporté de St Cloud)
  • Fichier national 
  • Division des archives des victimes des conflits contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen (octobre 1993) et ­Val-de-Fontenay, novembre 1993.
  • Archives de la Préfecture de police de Paris. Renseignements généraux, Liste des militants communistes internés le 26 juin 1941.

Biographie rédigée en novembre 2005 (mise à jour en 2016) par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) à l’occasion de l’exposition organisée par l’association « Mémoire vive » et la municipalité de Gennevilliers. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com  Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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