L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


LERMITE André, Alexandre, Emile






45785


André LERMITE et bio de Marguerite Lermite née Joubert

André Lermite est né le 21 août 1908 à Nantes (Loire-Inférieure) et habite à Chantenay au moment de son arrestation. Il est instituteur et épouse Marguerite Joubert, institutrice en 1938. Ils ont un fils né en 1939.

André Lermite est un militant communiste actif dans la section de Chantenay. Il est également le secrétaire adjoint de la section du Syndicat des Instituteurs (SNI) de Loire-Inférieure en 1930, conseiller syndical en 1934. Exclu du SNI à la veille de l'unité à la suite de son action au sein du groupe des Jeunes de l'Enseignement, il est réintégré d'office en 1936 et devient trésorier adjoint du syndicat général de l'enseignement en 1936-1937, trésorier adjoint du Syndicat Général de l'Enseignement en 1936 et 1937. Il adhère au Comité antifasciste Amsterdam-Pleyel.
Pendant la guerre, il continue ses activités et joue un rôle important de propagande avec sa femme et Alphonse Braud (voir sa biographie), dénonçant le régime de Vichy et la collaboration.
André Lermite est arrêté par les Allemands le 9 juillet 1941 et interné au camp de Royallieu à Compiègne, le 13 juillet.
Bernard Solange un de ses anciens élèves raconte cette arrestation: «mon propos au sujet de monsieur Lermite est juste un souvenir, mais solidement ancré. Ce qui m'a toujours semble étrange est le fait que les Allemands sont venus a la porte de la classe donnant rue Arsène Leloup, porte qui ne servait jamais (juste prévue pour la sécurité). Monsieur Lermite a de suite compris : il a prévenu l'institutrice de la classe".(1)

voisine madame Alba (…) Il nous a juste dit d'êtres sages. Ce n'est qu'en 1945 que j'ai su que ces deux hommes vêtus de cuir étaient la Gestapo. Je ne peux rien dire de plus, sauf que la date devait être le 9 juillet.


Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45785
André Lermite est affecté au camp de Birkenau où il meurt le 7 août 1942 d’après le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz Tome 2 page 712).

Une école primaire de Nantes, rue Evariste Luminais, porte son nom.
(1) Mail adressé le 2 avril 2011.

Sources

  • Témoignages de Gustave Raballand, d'Eugène Charles et de Raymond Montégut.
  • Maitron, Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier.
  • Bulletin mensuel des institutrices et instituteurs publics, section de Loire-Inférieure, 1932-1940.
  • Bulletin du Groupe des jeunes de l'enseignement de Loire-Inférieure, 1935.
  • Clarté, 1946.
  • Renseignements fournis par Jean Josnin, ex-secrétaire du Groupe des jeunes.
  • Cl. Geslin
Marguerite LERMITE, née Joubert

Elle est née le 25 février 1910 à Vallet, Loire-Inférieure, dans une famille de trois enfants. Elle a fait ses études d'institutrice à l'école normale de Nantes, de 1926 à 1929, études interrompues par un séjour au sanatorium de Sainte-Feyre, entre 1927 et 1929. Son père était employé d'assurances.
Elle épouse un collègue, André Lermite. Un fils naît en 1939. Mari et femme étaient communistes. Pendant la “ drôle de guerre ”, ils participent à la rédaction et à la diffusion des écrits qui doivent éclairer l'opinion, puis, dès le début de l'occupation, expliquer la politique des nazis et la collusion du gouvernement de Pétain avec les Allemands.
Marguerite Lermite fit partie comme son mari du « Groupe des Jeunes de l’enseignement » du SNI. Elle tint « la page des jeunes » dans le bulletin mensuel du SNI réunifié en 1936-1938.
Elle fonda les Jeunesses communistes en Loire-Inférieure et en Vendée (région de l'Atlantique) et contribua fortement aux côtés de Jean Bruhat, Bouyer et Raymond Sémat, au développement du PC en Loire-Inférieure. Elle fut d'ailleurs membre du bureau fédéral en 1936-1937. Le Maitron
Marguerite Lermite a été arrêtée à son tour le 5 septembre 1942, au Boulay, commune de Mouzeil, Loire‑Inférieure, où elle était en vacances avec ses beaux‑parents et son fils. Elle se sentait menacée et songeait à se cacher quand elle est tombée malade. Tenue au lit par une forte fièvre, elle n'a pu mettre son projet à exécution. Les policiers, des Français, sont arrivés dans la nuit, l'ont emmenée en voiture. Les grands-parents ont dit au petit, qui avait trois ans, que sa mère était partie dans une clinique.
Elle a été hospitalisée à Nantes, internée à la Roche-sur-Yon, à Fontenay-le-Comte, puis à Romainville où elle est arrivée une semaine avant le départ, c'est-à-dire le 15 janvier 1943.

Elle est déportée à Auschwitz le 24 janvier 1943 dans le convoi des "31.000". Elle y meurt le 18 mars 1943.

Le 28 avril 1943, le préfet de la Loire-Inférieure, avisé par les autorités d'occupation, a envoyé à l'inspecteur d'Académie de Nantes la note suivante
« Nantes, le 28 avril 1943. Préfecture de la Loire‑Inférieure. Cabinet. Référence HB MF.
Le Préfet de la Loire-Inférieure à Monsieur l'Inspecteur d'académie, Nantes
Objet : ss de Mme Lermite, née Joubert. La police allemande de sûreté m'a fait savoir, à la suite d'une information qu'elle a reçue, que Mme Lermite, Marguerite, née Joubert, institutrice à Bouaye, est décédée le 18 mars 1943 à 6 h 30, à la suite d'une entérite aiguë chez un sujet de faible constitution, à l'infirmerie du camp de concentration d'Auschwitz où elle était internée. Le préfet : signé Dupard.
Pour copie conforme, L'Inspecteur d'Académie."

Sources
  • Bulletin mensuel des institutrices et instituteurs publics, section de Loire-Inférieure, 1932-1940.
  • Bulletin du Groupe des jeunes de l'enseignement de Loire-Inférieure, 1935.
  • Clarté, 1946.
  • Renseignements fournis par Jean Josnin, ex-secrétaire du Groupe des jeunes. Cl. Geslin
  • Photographie de Marguerite Lermite in Exposition en mai 2010 « Marguerite Lermite » par la classe de 1ère STG1 du lycée Alcyde d’Orbigny à la bibliothèque municipale de Bouaye.
Biographies réalisées en mai 2002 et mises à jour en 2009 pour l’exposition de la FMD de Nantes par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005.
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