L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


GUERRIER Maurice


Le 8 juillet 1942 à Auschwitz
Matricule "45633" à Auschwitz

Maurice Guerrier est né le 28 mars 1898 à Noyers-sur-Cher (Loir et Cher). Il habite au 125 bd de Verdun à Courbevoie (ancien département de la Seine) au moment de son arrestation. 

Il est le fils de Léonie Marteaux et de Jules Amédée Guerrier, 38 ans, vigneron, son époux.
Maurice Guerrier est cultivateur et habite à Saint-Romain (Loir-et-Cher) au moment de son Conseil de révision. Il sera par la suite tourneur sur métaux en région parisienne.
Son registre matricule militaire nous apprend qu’il mesure 1m 65, a les cheveux blonds, les yeux marron clair, le nez rectiligne long et le visage long. Il possède un niveau d’instruction n° 3 (possède une instruction primaire développée).
Conscrit de la classe 1918, Maurice Guerrier est mobilisé par anticipation en 1917, comme tous les jeunes hommes de sa classe depuis la déclaration de guerre. Appelé sous les drapeaux le 3 mai 1917 il est incorporé au 82ème Régiment d’Infanterie où il arrive le même jour. Il est au Front le 20 octobre 1917.
Il est gazé le 17 avril 1918 et évacué. Il retourne au front le 18 juin 1918.
Il est à nouveau blessé, par balle (talon gauche et thorax) le 18 juillet 1918 lors des combats de la Ferté Milon. Evacué, il rejoint le front le 2 octobre 1918.
Il passe au 7ème Régiment d’Infanterie le 25 février 1918. Il passe au 2ème Régiment de Tirailleurs Algériens le 2 mai 1919.
Il est renvoyé dans ses foyers le 14 juin 1920 (certificat de bonne conduite accordé).
Maurice Guerrier est décoré de la Croix de guerre avec étoile de bronze.
Il épouse Marguerite, Antoinette Charret le 10 février 1923 à la mairie de Noyers. Le couple aura une fille et n garçon.
En janvier 1929 le couple habite la région parisienne, au 22 rue de l’Aigle à La Garenne Colombes (Seine / Hauts-de-Seine).
En septembre 1932 ils déménagent à Courbevoie (Seine / Hauts-de-Seine) au 81 allée du Midi, puis en mars 1936, il habitent 125 boulevard de Verdun dans cette même ville.

Maurice Guerrier est « Affecté spécial » comme réserviste aux ateliers de construction de Bourges le 9 mars 1940. Son registre matricule ne précise pas si, comme la plupart des affectés spéciaux connus comme communistes, il est radié de son « affectation spéciale ».
Maurice Guerrier est ouvrier d’aviation chez Hispano-Suiza.
Communiste, il est arrêté le 10 juillet 1941 à Courbevoie (ancien département de la Seine).
Il est détenu à la prison des Tourelles pendant deux mois. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, en septembre 1941, en vue de sa déportation comme otage.

Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45633".
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz (identifiée par ses enfants) a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Maurice Guerrier meurt à Auschwitz le 19 septembre 1942, d’après les registres du camp.
Le titre de « Déporté politique » lui a été attribué.
Sa mémoire est honorée à Courbevoie par une plaque à son domicile, dans le quartier Varebois, et sur une plaque en Mairie.
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été identifiée par ses enfants.

Sources

  • Archives municipales de Courbevoie.
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des conflits contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen.
  • Etat civil et Registres matricules militaires du Loir-et-Cher en ligne.
Biographie rédigée en novembre 2005, complétée en octobre 2015, par Claudine Cardon-Hamet (, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) à l’occasion de l’exposition organisée par l’association « Mémoire vive » et la municipalité de Gennevilliers. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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