L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


GAWRON Joseph




46276 (numéro probable à Auschwitz)

Joseph Gawron est né le 3 mars 1924 à Bruxelles, dans une famille de Juifs polonais immigrés en Belgique. Il est l’aîné d’une fratrie de trois garçons, qui après la mort de leur père et l’hospitalisation de leur mère, sont placés à l’orphelinat. Joseph a alors 8 ans. 

Il arrive en France en 1933 mais n'est pas naturalisé français. 
A Paris, il habite une chambre dans le même immeuble que ses tantes, 16 rue Oberkampf dans le 11ème arrondissement. 
Célibataire, il travaille comme maroquinier. Lorsque ses tantes sont arrêtées au printemps 1942, il s’enfuit vers la zone non occupée.
Joseph Gawron est interpellé à Orléans le 22 mai 1942 par la police française au 7 rue de la Croix de Malte où il logeait depuis le 20 mai. 

Dans cet hôtel se trouvaient des membres du groupe "Sologne". Selon son frère, il semblerait qu'il ait fait partie d'un groupe de résistants Juifs qui est dénoncé.
Interné au camp de Pithiviers le 23 mai, il est incarcéré le 5 juin 1942 dans le quartier allemand de la prison militaire d'Orléans sur un ordre de la Kommandantur daté du 4 juin : pour avoir séjourné à Orléans sans autorisation.
Il est renvoyé au camp de Pithiviers (matricule 2.073) où il reste jusqu'au 22 juin 1942 date de son transfert au camp allemand de Compiègne (Frontstalag 122).

Dessin de Franz Reisz, 1946
Transfert à Aushwitz (source ministère ACVG)
Joseph Gawron est déporté à Auschwitz, comme otage juif, dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Joseph Gawron meurt à Auschwitz à une date inconnue.



Sources

  • Renseignements et documents fournis par son frère Georges.
  • Fiche de déportation du 30/08/1949, dossier VCC 87/b
  • Fiche de la Préfecture de Paris . 
  • Fiche du camp de Pithiviers. 
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC).

Biographie réalisée en mai 2010 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005.Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées du présent blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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