L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


FROMENT Maurice



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Maurice Froment est né le 4 janvier 1909 à Auboué (Meurthe-et-Moselle) où il réside au moment de son arrestation. ­Marié, un enfant, il est métallurgiste à l'usine d'Auboué, qui fait partie de la Compagnie Pont-à-Mousson. ("Landwirt" selon l'avis de décès).
il est membre du Conseil Syndical (Métaux), et sera licencié, comme Charles Schneider, le 30 novembre 1938. Footbaleur, il fait partie de l'US Auboué, affiliée à la FSGT (sur la photo ci-dessous, in page 33 de l'ouvrage d'Alfred Rossolini "Résistance, Engagement d'une cité ouvrière", il est le huitième debout).


Militant communiste, il participe à des actions de sabotage et de recrutement de militants. 
A la suite du sabotage du transformateur d'Auboué (4 février 1942), Speidel à l’Etat major du MBF annonce qu’il y aura 20 otages). Maurice Froment est arrêté par des feldgendarmes, le 7 février 1942, en même temps que Charles Schneider, René Favro, Jean Perrot, Charles Mary, et Valère Henry (lire l'article sur le sabotage du transformateur d'Auboué). L'émotion est grande à Auboué, et plusieurs interventions ont lieu en direction des autorités allemandes (le maréchal Keitel écrit aau préfet de Meurthe et Moselle, lui demandant de libérer quelques uns des otages).
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne le 2 mars, en vue de sa déportation comme otage.
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il meut à Auschwitz le 2 septembre 1942 selon les registres du camp. Une rue "Maurice Froment" a été inaugurée en 1966 à Radebeul (Saxe, Allemagne) ville jumelée avec Auboué en 1961. 
Son jeune frère, René, a été fusillé le 29 juillet 1942, à la Malpierre.


Sources
  • Lettre de Madame Gisèle Do, fille de Charles Schneider à Roger Arnould (1973).
  • "Antifascisme et Parti communiste en Meurthe-et-Moselle" (Jean-Claude et Yves Magrinelli).
  • Section des Déporté, internés, familles de fusillés d'Auboué (M. Corziani) (mars 1991).
  • Avis de décès (ACVG, avril 1992).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).

Biographie rédigée en 1997 pour la conférence organisée par la CGT et le PCF de la vallée de l’Orne, à Homécourt le 5 juillet 1997 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005.
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