L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


FEYSSAGUET Germain


Matricule "45539" à Auschwitz

Germain Feyssaguet est né le 31 mai 1912 à Saint-Sulpice-les-Bois (Corrèze). 

Fils d'une famille de cultivateurs, il est domicilié 132 rue Aristide Briand à Levallois-Perret (ancien département de la Seine, aujourd'hui Hauts-de-Seine) au moment de son arrestation.
Il est le fils d'Anna Sirordeix, cultivatrice, âgée de 30 ans et de Jean-Baptiste Feyssaguet, cultivateur, âgé de 32 ans, domiciliés à Chaveroche.
Il s’est marié à Levallois le 15 novembre 1938 avec Marie-Louise Patient. Le couple est sans enfant. 
Germain Feyssaguet exerce la profession de chauffeur de taxi (1).
Communiste, il est arrêté le 9 octobre 1940 à Levallois-Perret, par la police française et condamné le 15 octobre à 4 mois de prison par la 12ème chambre correctionnelle de Paris pour détention de 40 numéros de l’Humanité clandestine. Il est emprisonné à la Santé, puis à Fresnes.
A l’expiration de sa peine il est interné administrativement le 10 janvier 1941 au camp au camp de « séjour surveillé » d’Aincourt, dans le département de la Seine-et-Oise (aujourd’hui dans le Val d’Oise), près de Mantes, ouvert spécialement, en octobre 1940, pour y enfermer les communistes arrêtés dans la région parisienne par le gouvernement de Vichy. Puis il est interné au camp de Voves le 10 mai 1942. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, en vue de sa déportation comme otage.Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Germain Feyssaguet est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45539". 
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz a été retrouvée parmi celles que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Son nom apparaît sur l’un des registres de l'infirmerie de Birkenau à la date du 6 janvier 1943.
Germain Feyssaguet meurt à Birkenau, le 4 mars 1943, d’après les registres du camp. Dans les années d’après-guerre, l’état civil français, n’ayant pas eu accès aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques, a fixé la date de son décès au 1er janvier 1942 (J.O. 2009b02073-02077) - date forcément inexacte puisqu'à cette date il est incarcéré à Fresnes !
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué.

  • Note 1 : il y a six chauffeurs de taxi parmi les "45000" de Levallois :  Maxime Collet , Aimé Doisy, Paul Faurie, Germain Feyssaguet, Jean-Baptiste LoryJean Marétheux. C’est à partir des souvenirs recueillis auprès de son mari, ancien « taxi » de Levallois, que madame Faurie a pu nous le préciser. Après les grèves de 1938, plusieurs de ces militants communistes se font embaucher à la « G7 » comme chauffeurs de taxi, après avoir été licenciés de leurs entreprises où ils étaient ébénistes, comptables, électriciens... 
Sources
  • Témoignage de Madame Faurie, le 12 juillet 1972, veuve de Paul Faurie (45530), ancien chauffeur de taxi à Levallois.
  • Bureau de la Division des archives des conflits contemporains (DAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel).
  • Livre des déportés ayant reçu des médicaments à l'infirmerie de Birkenau du 1.11.1942 au 15. 07.1943. Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Liste - incomplète – par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Courrier de Madame Claude Feyssaguet (nov. 2005, petite nièce de Germain Feyssaguet.
Biographie réalisée (mise à jour en mai 2010 et 2015), par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005. Prière de mentionner les références (auteur et coordonnées du blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com. Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

Aucun commentaire: