L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CASTEL Louis

21 septembre 1947 : Hommage de Waldeck L'Huillier, Maire de Gennevilliers pour l'inauguration de la rue Louis Castel











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Louis Castel est né le 8 février 1902 à Lézignan-Corbières (Aude). Marié, sans enfants, Louis Castel est domicilié 5 rue Dupressoir à Gennevilliers au moment de son arrestation.
A son arrivée dans la région parisienne, en 1925, il est embauché à l'usine Citroën de Clichy. Il devient chef de l’équipe d’entretien, mais il est licencié en 1926 à la suite d’une grève. Il devient employé municipal de Gennevilliers (fossoyeur de janvier 1928 à mai 1934, puis jardinier).

Membre du Parti Communiste dès 1921, il a des responsabilités à la Section de Gennevilliers et, en 1930, au Comité de la « Région de la banlieue-Ouest ». A la suite d’élections partielles, il est élu maire-adjoint (sur la liste de Jean Grandel) en novembre 1934 et réélu le 5 mai 1935. En 1936, il est l’un des dirigeants des grèves qui mobilisent 25 000 ouvriers de Gennevilliers.

Le Conseil de Préfecture le déchoit de son mandat électoral le 9 février 1940 "pour appartenance au Parti communiste".
Il reprend ses activités militantes dès sa démobilisation (entre août 1939 et septembre 1940). Selon le Maitron, c'est à Malakoff qu'il aurait été arrêté le 3 décembre 1940, chez son amie Sophie Devos, par la police française. Son arrestation faisait suite à celle de plusieurs responsables syndicaux.


Le 11 février 1941, la 12ème Chambre correctionnelle le condamne à 18 mois de prison pour "infraction aux décrets du 26 septembre 1939" interdisant le parti communiste. Emprisonné à la Santé, puis à Fresnes et enfin à Melun, il n'est pas libéré à l'expiration de sa peine (18 mois de prison), mais interné au camp de Voves où il apprend l'espagnol, fait des mathématiques supérieures. Le 10 mai 1942 - à la demande des autorités allemandes -, il est transféré au camp de Compiègne en vue de sa déportation comme otage (il y reçoit le numéro matricule n°15153).

Louis Castel est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Louis Castel meurt à Auschwitz, le 11 août 1942, selon les registres du camp.
Dans les années d’après-guerre, l’état civil français, n’ayant pas eu accès aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques, fixe la date de son décès au 15 septembre sur la base des déclarations de deux de ses compagnons de déportation.

Le titre de « déporté politique » lui a été attribué. Il est homologué comme sergent dans la résistance pour « son appartenance à l’O.S. (formation armée du Parti communiste) puis aux F.T.P.F du secteur "Banlieue Ouest de la Région parisienne" (effectif de 300 hommes et femmes) ».
Son nom figure sur la plaque en Mairie rappelant le sacrifice des élus de Gennevilliers.

Une rue de la ville honore sa mémoire. Lors de l'inauguration de cette rue, Le Maire, Waldeck l'Huillier a rappelé "son intelligence et son extraordinaire capacité de travail. Très cultivé, c'est un administrateur exceptionnel. Doux, bon, calme et posé".

Il a été déclaré "mort por la France" et la mention "mort en déportation" (en date du 16 juin 1989) a été rajoutée sur son acte d'état-civil (photo ci-jointe).

Sources
- Archives municipales (Liste des déportés, nom des rues, texte du discours d'inauguration de la rue).
- Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, tome, tome 21, page 285.
- Fichier national du Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
- Musée de la Résistance Nationale de Champigny (fonds de liquidation des mouvements O.S. F.N/ F.T.P.F (carton n°302), datant du 12 avril 1951).
- Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943 le décès des détenus immatriculés).
- Notes et documents photographiques communiqués par Patrice Castel, son neveu.

Biographie réalisée en mai 2007 (mise à jour en mai 2010) par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005.
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