L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BRAUD Alphonse



Matricule "45297" à Auschwitz

Alphonse Braud est né le 24 mars 1908 à Mareuil sur Lay (Vendée), Alphonse Braud habite à Chantenay au moment de son arrestation, dans les faubourgs de Nantes (Loire- Atlantique) où il est instituteur. Membre du Parti communiste, il milite également au Mouvement antifasciste "Paix et Liberté" dans les années précédant la guerre. Pendant la guerre, il poursuit ses activités, jouant un rôle actif au niveau de la propagande, à Chantenay, avec André et Marguerite Lermite.
Le 22 juin 1941 ou le 23 juin 1941 (le 21 juin 1941 selon le journal "Clarté" de 1946), il est arrêté dans sa classe d'après sa fille, à Nantes, par la police allemande. Dans cette même période d'autres communistes sont arrêtés. Alphonse Braud est incarcéré la prison du Champ de Mars de Nantes.
 
Son arrestation a lieu dans le cadre de la grande rafle commencée le 22 juin 1941, jour de l’attaque hitlérienne contre l’Union soviétique. Sous le nom «d’Aktion Theoderich», les Allemands arrêtent plus de mille communistes dans la zone occupée, avec l’aide de la police française. D’abord placés dans des lieux d’incarcération contrôlés par le régime de Vichy, ils sont envoyés, à partir du 27 juin 1941, au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Oise), administré par la Wehrmacht et qui ce jour là devient un camp de détention des “ennemis actifs du Reich”.
Alphonse Braud est transféré au camp allemand de  Compiègne (Frontstallag 122)  le 13 juillet 1941. Il est un otage "fusillable" : le 20 avril 1942, son nom est inscrit sur une des 2 listes de 36 et 20 otages envoyés par les services des districts militaires d’Angers et Dijon au Militärbefehlshaber in Frankreich (MbF), à la suite de l’attentat contre le train militaire 906 à Caen (lire dans l blog) Le double déraillement de Moult-Argences et les otages du Calvados (avril-mai 1942), et suite au télégramme du MBF daté du 18/04/1942. Le Lieutenant-Général à Angers suggère de fusiller les otages dans l’ordre indiqué (extraits XLV-33 / C.D.J.C). Les noms de cinq militants qui seront déportés avec Alfonse Braud à Auschwitz figurent également sur ces 2 listes (André Flageolet, Jacques Hirtz, Alain Le Lay, René Paillole, André Seigneur). 
Immatriculation à Auschwitz, le 8 juillet 1942
Alphonse Braud est déporté comme otage communiste à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45297. Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Aucun des documents sauvés de la destruction ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz, ne nous permet de savoir dans quel camp il est affecté à cette date.
Atteint du typhus, Alphonse Braud meurt le 17 septembre 1942 à Auschwitz d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in © Mémorial et Musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau).

Une école de Chantenay porte son nom. 
Lors de la deuxième marche commémorative de la Résistance, en juin 2006, les élèves de CM1-CM2 de l'école Alphonse Braud et leur instituteur déploient une banderole "Dans les pas de la Résistance".

Sources
  • Témoignages de Gustave Raballand et d'Eugène Charles.
  • Souvenirs de sa fille, madame Laurence Lemasle (juin 2013).
  • Liste des otages susceptibles d'être fusillés de la région militaire allemande d'Angers (CDJC.XLV 32 : il y figure avec le numéro 21).
  • Maitron, Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier, tome 20, page 223.
  • Photo en civil et photo d'enregistrement à Auschwitz permettant de confirmer son numéro.
Biographie réalisée en avril 2002, complétée en 2009 pour l’exposition de l’AFMD de Nantes, et en février 2016, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005.
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