



Emile Bouchacourt ("Mimile") est né le 22 décembre 1910 à Paris (III°), il habite en 1940 au 19 avenue Jean Jaurès à Suresnes (ancien département de la Seine) au moment de son arrestation.
Adhérent au Secours populaire, il est militant CGT, membre du Parti communiste.
Il est conduit au commissariat de Puteaux avec ses camarades Raoul Platiau, René Jodon (qui seront tous deux déportés à Auschwitz où ils décéderont en septembre et novembre 1942) et Paul Coupin (qui sera interné à Rouillé).
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| Menu de Noël 1941 à Compiègne |
Emile Bouchacourt est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
A Auschwitz, on l'affecte successivement aux Blocks 16A, 5, 5A et 6. Il travaille aux kommandos Maçonnerie et Garage.A la mi-août 1943, il est affecté au Block 11 avec la plupart des 45 000 rescapés. Lire l'article du blog "les 45000 au block 11. A la fin de cette «quarantaine» il est affecté au kommando atelier garage.
Le 21 janvier 1945, il fait partie du groupe transféré à pied à Mauthausen (marche de la mort pendant une 1 semaine). Il y reçoit le matricule 119 582.
Le 28 février, Il est évacué avec Clément Pellerin à Gusen 2, puis à Gusen 1, et transféré de nouveau à Mauthausen, où il entre au Revier.
C'est là que, le 5 mai 1945, il est libéré par les soldats de la 3° armée américaine. Mais, très éprouvé, il ne sera rapatrié qu'après un long séjour à l'hôpital de Mainau, près du Lac de Constance, le 17 juillet. Lire dans le blog , "les itinéraires suivis par les survivants".Homologué Déporté politique, Emile Bouchacourt fut le secrétaire de la Section FNDIRP de Suresnes (il était domicilié 5 rue Avenue Léon Bourgeois), et le porte-drapeau départemental de l'Association en 1967. Il a témoigné à plusieurs reprises sur les circonstances de la mort de ses camarades à Auschwitz. Jusqu'au bout, il a participé aux différentes commémorations, notamment celle du 5 juillet 1992 pour le 50ème anniversaire du départ de leur convoi.
Photo ci-contre, les rescapés présents à la cérémonie de Compiègne, en présence de Marie Claude Vaillant-Couturier.

Emile Bouchacourt est mort le 24 septembre 2003.
Témoignage d’Emile Bouchacourt sur son départ du camp de Royalieu le 6 juillet 1942 et l'arrivée à Auschwitz le 8 juillet : «Vers 3 ou 4 heures du matin, environ 1200 d’entre nous (ce sont les chiffres que j’ai entendu), sont rassemblés. Sur le parcours jusqu’à la gare peu de gens. Des ordres avaient été donnés de tenir les volets fermés. Arrivés à la gare, premier contact brutaux avec les SS : coups de crosses, coups de pieds et j’en passe, pour nous faire monter en wagons à bestiaux. Nous sommes au moins à 60 ou 70 hommes par wagon. Lucarnes fermées et barbelées. Un récipient par wagon pour faire nos besoins. Sur le parcours, défense de nous donner à boire et à manger. Nous sommes arrivés à Auschwitz le 8 juillet. Vers 12 heures : et là a vraiment commencé notre calvaire. Fouille, vol de nos affaires, coups de schlague. Baignoire au chlore. Après une nuit enfermés dans un bloc toutes fenêtres fermées. Départ le lendemain pour le camp de Birkenau. Là, immatriculation».
- Emile Bouchacourt, (14 avril 1978). Il a rempli en 1987, pour la FNDIRP, le questionnaire biographique de Roger Arnould.
- Témoignage de Robert Riquois, secrétaire départemental de la FSU (2005), dont la maman, France, travaillait dans la même usine que Paulette Bouchacourt : «Emile a été évidemment très marqué par les épreuves et ne pouvait pas parler de cette période sans pleurer et on évitait d'aborder le sujet».
- Courriel de sa petite fille Evelyne Doucet (11 novembre 2011).
- Emile et Paulette, photo couleur prise par Pauline Montagne lors d'une rencontre des "45000".
- © Menu d’Albert Vallet : courriel de son arrière petit-fils, Didier Rivière (19/12/2012).
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| Photo Pauline Montagne |




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