L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BERTRAND Raoul




Raoul Bertrand dit "Carotte" à cause de la couleur de ses cheveux est né le 11 mai 1905 à Billancourt (ancien département de la Seine)/ Hauts de Seine). Il habite au 7 boulevard de Valmy à Colombes (ancien département de la Seine) au moment de son arrestation. Il est marié, père d’un enfant. 
Il est ajusteur-outilleur à l'usine d'avions Amiot de Colombes, où il est délégué du personnel (et à l’Union locale CGT de 1936 à 1938). 
Militant communiste, il est responsable du journal local "La Voix Populaire".
Il est "ouvrier affecté spécial" au moment de la mobilisation, son affectation lui est retirée, et il est envoyé au front.
Il subit une première arrestation, pour une semaine, en octobre 1940, pendant laquelle il est incarcéré à Puteaux.
Le 15 février 1941, il est de nouveau arrêté, enfermé à la Santé, d'où il sort le 23 mai. Il tente alors d'échapper à la surveillance de la police et se rend à Cherbourg.
Mais, sans travail, il doit revenir à Colombes. Pour la troisième fois il est arrêté, le 16 septembre 1941 par la Brigade spéciale anticommuniste des Renseignements généraux, interné à la Santé (le 21 septembre 41), et remis à la Préfecture (7 février 42). Interné au camp de Voves, il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne.

Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il meurt à Auschwitz le 21 octobre 1942 d’après les registres du camp.
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué (N° 110 122 677).
Il a été déclaré "Mort pour la France".


Sources

  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil du camp Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
  • Lettres de sa veuve à Roger Arnould (11 et 18 janvier 1972) et photo.
  • Témoignages de Jean Guilbert et de Georges Brumm.
  • Lettre de Robert Guérineau, ancien résistant (24 février 1991).
  • Archives municipales : acte de disparition établi le 17 juin 1946.
Biographie rédigée en novembre 2005 par Claudine Cardon-Hamet (, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) à l’occasion de l’exposition organisée par l’association « Mémoire vive » et la municipalité de Gennevilliers.
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