L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BERTOUILLE Maurice Auguste



45233
Maurice Bertouille est né le 10 mai 1905 à Alençon (Orne). Il est domicilié 382 rue de Nanterre (aujourd'hui rue d'Estienne d'Orves) à Colombes (ancien département de la Seine) au moment de son arrestation. Il est marié. Exerce le métier de monteur de presse.
Le 5 octobre 1940, il est arrêté par la police française dans la grande rafle organisée, avec l’accord de l’occupant, par le gouvernement de Pétain à l’encontre des principaux responsables communistes d’avant-guerre de la Seine (élus, cadres du parti et de la CGT). Il est probablement interné avec ses camarades, au camp de «séjour surveillé» (CSS) d’Aincourt, près de Mantes dans la Seine-et-Oise, aujourd’hui dans les Yvelines), ouvert spécialement, en octobre 1940 pour y enfermer les communistes arrêtés. Puis il est interné au camp de Gaillon en 1941. Le 4 avril 1942, il est transféré au CSS de Voves. Il y est interné jusqu'au 20 mai 1942, date à laquelle il est remis 
avec 27 autres détenus au MBF à la demande des autorités allemandes qui l'internent au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Fronstallag 122), en vue de sa déportation comme otage. 
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45233
Maurice Bertouille meurt à Auschwitz le 18 août 1942, d’après les registres du camp.
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué.
Il a été déclaré "Mort pour la France" (décision en 1956).

Sources

  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
  • Lettre de Robert Guérineau, ancien résistant qui a effectué des recherches dans les registres d’état civil de la mairie de Colombes.
Biographie rédigée en novembre 2005 par Claudine Cardon-Hamet (, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005) à l’occasion de l’exposition organisée par l’association « Mémoire vive » et la municipalité de Gennevilliers.
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