L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BARDEL André, Edmond, Fernand




Matricule 45498 à Auschwitz

André Bardel est né le 21 octobre 1903 à Bouville (Seine-Inférieure / Seine-Maritime), il habite au 14 Impasse Delaunay à Maromme (Seine-Maritime) au moment de son arrestation. Il est le fils de Marie, Jeanne Picard et de Julien, Alphonse Bardel son époux.
En 1923, il est ajusteur mécanicien. André Bardel effectue son service militaire au 5ème groupe d’artillerie à cheval : il est appelé le 15 novembre 1923 et est libéré par anticipation (loi du 24-4-25) le 28 avril 1925 avec le grade de brigadier pointeur. Le signalement de son livret militaire indique qu'il mesure 1m71 et qu'il a les yeux gris.
Il effectue deux « périodes » militaires en mai 1929 et octobre 1934 aux centres de mobilisation.
Le 3 octobre 1927 il habite impasse Trupel à Yvetot.
Le 2 juin 1935 il vient habiter Maromme. Il est ensuite embauché comme chaudronnier à l’usine de Déville-lès-Rouen de la Compagnie française des Métaux (CFM), avec Roger Bonnifet et Ferdinand Thiault qui seront arrêtés les 21 et 22 octobre 1941 et déportés avec lui à Auschwitz.
Marié, André Bardel est le père d’un garçon.
Il est membre du Parti communiste, ses camarades l'ont élu délégué syndical à la CFM. Il est membre du Conseil syndical du Syndicat CGT des métaux à Rouen.
Il est mobilisé le 2 septembre 1939, mais il est maintenu dans son emploi comme affecté spécial à la compagnie des métaux Deville. 
André Bardel est arrêté le 13 janvier 1941 par la police française (un inspecteur et un gendarme), pour détention de tracts anti-allemands. Jugé, il est acquitté le 7 février 1941. 
Mais il est condamné à 1 an de prison et 600 francs d'amende sur appel du Procureur. Il est emprisonné à la prison Bonne Nouvelle de Rouen durant 13 mois. Lire dans le blog « La prison Bonne Nouvelle de Rouen. Témoignage d'André Pican, fusillé au Mont Valérien »
Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne le 17 mars 1942, en vue de sa déportation comme otage.
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
André Bardel est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
AndréBardel le 8 juillet 1942 à Auschwitz
Il est enregistré à leur arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 (11 heures du matin) sous le numéro 45198. Ce matricule sera tatoué sur son avant-bras gauche quelques mois plus tard. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau (Brzezinka), situé à 4 km du camp principal.
En application d’une directive de la Gestapo datée du 21 juin 1943 accordant aux détenus des KL en provenance d’Europe occidentale la possibilité de correspondre avec leur famille et de recevoir des colis renfermant des vivres, André Bardel, comme les autres détenus politiques français d’Auschwitz, reçoit en juillet 1943 l’autorisation d’échanger des lettres avec sa famille - rédigées en allemand et soumises à la censure - et de recevoir des colis contenant des aliments. Ce droit leur est signifié le 4 juillet 1943. Entre le 14 août 1943 et le 12 décembre 1943, il est en quarantaine au Block 11 avec la quasi totalité des Français survivants. Lire l'article du blog "les 45000 au block 11. Le 12 décembre, les Français quittent le Block 11 et retournent dans leurs anciens Kommandos. Le 3 août 1944, il est à nouveau placé en “quarantaine”, au Block 10, avec la majorité des “45000” d’Auschwitz I.
Le 7 septembre 1944, André Bardel est transféré d'Auschwitz pour Gross-Rosen avec 27 autres «45000» où il est enregistré sous le matricule « 40 969 ». Après leur quarantaine, les "45 000" sont répartis dans divers kommandos dont une dizaine sont affectés aux usines Siemens. C’est le cas d’André Bardel. Déjà malade, il est soutenu par ses compagnons solidaires, "chacun lui donnant un petit peu de sa part » et même par le Meister (contremaître civil allemand) de l'entreprise où il a été affecté (celui-ci avait été prisonnier en France pendant la première guerre mondiale, selon Roger Abada). 
Il entre à l'infirmerie de Gross-Rosen, fin décembre 1944. Il y est déclaré "décédé le 31 janvier 1945". D’après René Demerseman, il meurt dans l'incendie de l'infirmerie provoqué par les SS à l’évacuation du camp. 
André Bardel est déclaré décédé le 31 janvier 1945.
Une carte commémorative "ils aimaient la France" éditée à Maromme à la Libération honore sa mémoire et celle de 8 autres de ses camarades, fusillés ou déportés : André Bardel 45198, déporté à Auschwitz, H. Brien, Raymond Duflo, Hubler, Arthur Lefebvre, André Pican, A. Poyer, Julien Villette, lui aussi déporté à Auschwitz.

Sources
  • Lettres et témoignage de sa veuve, de février au mois d’août 1972.
  • Listes CGT fournie par Louis Eudier
  • Témoignage de René Demerseman le 23 septembre 1990.
  • Mme Saint Yves, conseillère municipale communiste de Maromme.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Recherches aux archives de Rouen et nombreux courriels de Jean Paul Nicolas, syndicaliste, collaborateur du Maitron (Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français).
  •  Vue du camp de concentration de Gross-Rosen. © Bildarchiv Preussischer Kulturbesitz
Biographie rédigée en 2000 pour l’exposition de l’association «Mémoire Vive» CRDP de Rouen, et modifiée en octobre 2012 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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