L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


ANDRE Henri


Henri André est né le 13 janvier 1916 à Mézières (Ardennes). Il est imprimeur à Issy-les-Moulineaux (ancien département de la seine) où il travaille avec Louis Faure, déporté comme lui dans le même convoi. Il habite Paris 5 ème. Sa fiche au fichier national des ACVG indique uniquement une adresse à Courbevoie correspondant à celle de la personne ayant signalé sa disparition et à prévenir en cas de nouvelles.

Il est arrêté le 25 janvier 1941 (le même jour que Louis Faure), et emprisonné comme lui à la Santé, puis à Fresnes, le 7 avril pour activités communistes, condamnés à purger une peine de prison de 9 mois. 

Au lieu d'être libéré à sa levée d'écrou, il est interné administrativement le 23 octobre 1941 (sur ordre du préfet de police de Paris François Bard) au camp de Rouillé.
Le 18 mars 1942, il fait partie du petit groupe de 15 jeunes communistes du camp de Rouillé qui - à la demande des autorités allemandes - sont transférés au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) en vue de leur déportation comme otage : Henri André, Marcel Algret, Maurice Alexis, Jean Bach, Roger Desjameau, Louis Faure, René Faure, Georges Guinchan, Gaston Jouy, Henri Migdal, René Louis, Marcel Nouvian, Roger Tessier, seront tous déportés à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942. Jean Valentin sera déporté à Buchewald. André Giraudon sera fusillé à Compiègne le 10 mai 1942.

Henri André reçoit le numéro matricule 3807 à Compiègne. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».
Henri André est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Henri André est mort du typhus dans le courant de septembre 1942, selon le témoignage de Louis Faure (46234), rescapé.
Il a été classé comme "interné politique" et n’a pas fait l’objet d’une homologation comme déporté. Selon Louis Faure, il avait perdu sa mère peu de temps avant sa déportation. Il ne figure pas dans la liste détenue en Mairie des déportés de Courbevoie.

Sources

  • Fichier national du Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
  • Témoignage de Marcel Guilbert de Boulogne et de Louis Faure qui le décrit «grand, blond, avec un genou raide».
  • Archives départementales de la Vienne
  •  Carton Brigades Spéciales des Renseignements généraux (BS1), par dérogation aux Archives de la Préfecture de police de Paris.
Biographie rédigée par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
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