L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


VANNIER Christ Eugène






46172






Christ Vannier est né le 26 janvier 1902 à Saint Christophe-du-Jambet (Sarthe), il est domicilié à Almenêches (Orne) au moment de son arrestation. Marié, père de 5 enfants, il travaille à la SNCF comme ouvrier de 2ème classe aux Ateliers de Surdon.
Adhérent du Parti communiste depuis 1938, trésorier de la cellule d'Almenêches, il est également responsable du syndicat CGT de Surdon.

Il est arrêté le 18 octobre 1941 sur le chantier de Surdon. Le rapport de police stipule "en raison de son appartenance au Parti communiste". Il est signalé par la Préfecture «comme agent surveillé». est arrêté le 18 octobre 1941. Cette arrestation a lieu le même jour que celles de Maurice Denis, Lucien Blin, Justin Daguts, Louis Ferneix, Léon Leriche, Eugène Garnier, syndicalistes ou militants communistes de l’Orne qui seront comme lui déportés à Auschwitz. «Le danger imminent de voir se développer des attentats et de nouvelles distributions massives de tracts, notamment dans la région flérienne où elles ont été très nombreuses durant les mois précédents, pousse les autorités locales à lancer une grande opération de ratissage sur tout le département. Au total, dix-neuf personnes sont arrêtées dans la journée» (1). Eugène Garnier, rescapé du convoi du 6 juillet 1942 arrêté lui aussi ce 18 octobre 1941, a écrit à propos de cette rafle : «Des arrestations et perquisitions de la Gestapo le jour même, ont lieu à la suite de la distribution massive d’un tract (rédigé et imprimé par imprimerie clandestine). Cette diffusion est à la base de l’arrestation de 3 camarades traduits en cour martiale, dont l’un deux, Henri Veniard fut fusillé à Caen le 12 novembre 1941. Les tracts appelaient au sabotage des installations de l’Occupant et des entreprises sous leur contrôle, également au renforcement de la Résistance et à la création de comités populaires, qui par la suite donnèrent naissance au Front national et aux premiers groupes FTPF».
Christ Vannier est remis aux autorités allemandes à leur demande, celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne le 19 octobre 1941. Dans ce camp, il fait partie de l'organisation clandestine de résistance et de solidarité. A Compiègne, il reçoit le matricule1680, affecté au BA3. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».

Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.



Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro «46172» selon la liste par matricules du convoi établie en 1974 par les historiens polonais du Musée d'Etat d'Auschwitz.
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. Dans les années d’après-guerre, l’état civil français a fixé celle-ci en septembre 1942 sur la base du témoignage de deux de ses compagnons de déportation.
Le titre de «Déporté Politique» lui a été attribué. Son nom est inscrit sur le monument aux morts de la commune.


Note 1 : Centre de Recherche d'Histoire Quantitative - CRHQ – Biographies de résistants de l’Orne, par Thomas Pouty et Stéphane Robine.


Sources
  • Il figure dans la liste des déportés de l'Orne, communiquée par M. Ventillard, bibliothécaire à l'Aigle (p.30).
  • Témoignages de Maurice Hochet et d’Eugène Garnier.
  • Photo en civil, collection de Patrick Dauty, petit-fils de Christ Vannier.
  • Fichier national du Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen et Val de Fontenay 1993.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
Biographie réalisée en avril 2001, modifiée et publiée en février 2011, pour l’exposition organisée par des enseignants et élèves du collège Paul Verlaine d’Evrecy, le lycée Malherbe de Caen et l’association «Mémoire Vive». Par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.comPensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.
Si, membre de la famille du déporté, vous ne souhaitez pas que cette biographie soit publiée sur Internet, je vous prie de me le faire immédiatement savoir : elle sera aussitôt retirée du blog.

1 commentaire:

Christian Dauty a dit…

a mon grand père Vannier Christ Eugène parti avant que je le connaisse