L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


SOYEUX Roland





Roland Soyeux est né le 16 janvier 1912 à Reims. Cheminot, il est un militant communiste très connu, membre de la cellule d'entreprise du Parti communiste, notamment au moment des accords de Munich (septembre 1938). Il habite à Reims, 62 rue du Dr. Thomas.
Après l'armistice, il fonde le premier groupe de Résistance de la SNCF pour la région, avec Maurice Roussel, René Manceau (eux aussi déportés le 6 juillet 1942), et Gaston Lelaurain (arrêté dès le 24 juin 1941, déporté en 1943 à Sachsenhausen où il meurt en 1945).
Le matin du 26 février 1942, après son travail de nuit, Il est arrêté comme otage à son domicile, par la Feldgendarmerie, comme otage, le même jour que 17 autres marnais. Il est incarcéré à la prison Robespierre de Reims. Remis aux autorités allemandes à leur demande, celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne le 5 mars 1942. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Roland Soyeux meurt à Auschwitz le 14 septembre 1942, d'après les registres du camp. Dans les années d’après-guerre, l’état civil français, n’ayant pas eu accès aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques, a fixé la date de son décès en mars 1943 sur la base des déclarations (pas toujours précise) de deux de ses compagnons de déportation.
Plaque à son domicile © Genweb.
Sur décision du conseil municipal de reims (25 août 1945) Une plaque commémorative est apposée à son domicile, 62 rue du Dr Thomas. "Ici demeurait Roland Soyeux, patriote mort en déportation au camp de Birkenau (Allemagne) 1912-1943”.
Son nom figure sur la plaque commémorative apposée en gare de Reims : "A la mémoire des agents SNCF tués pour faits de guerre".

Sources
  • Recherche de Mme Jocelyne Husson, professeur à Reims (1990).
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Fichier national du Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
Biographie réalisée par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, Paris 2005.
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