L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


ROY Henri Ernest


Plaque rue Bréhier, photo Husson
Henri Roy est né le 13 janvier 1898 à Reims. Ouvrier verrier, il est domicilié à Reims au 12 rue Louis Bréhier, au moment de son arrestation le 26 février 1942.
Henri Roy est le secrétaire du Syndicat CGT des Métaux de Reims (25 adhérents).
Probablement arrêté une première fois pour distribution de tracts communistes, il est arrêté à nouveau le 26 février 1942, à son domicile, par la Feldgendarmerie, comme otage, le même jour que 17 autres Marnais. Il est interné à la prison Robespierre à Reims, interné au camp de détention allemande de Royallieu à Compiègne, le 5 mars 1942. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Henri Roy est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Il meurt à Auschwitz le 4 novembre 1942 d’après les registres du camp. Dans les années d’après-guerre, l’état civil français, n’ayant pas eu accès aux archives du camp d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques, a fixé la date de son décès au 6 juillet 1942 à Compiègne. Un rectificatif de 1999 la reporte au 11 juillet 1942.
Sa famille s'est adressée à Fernand de Brinon, Délégué général pour le gouvernement de Vichy pour les territoires occupés, afin d'obtenir de ses nouvelles après sa déportation. Mais en vain.
Dessin d’élève in “Reims souviens-toi”, p. 35
Une plaque commémorative apposée sur sa maison indique "Patriote mort en déportation au camp d'Auschwitz". Le titre de "déporté politique" lui a été attribué.


Sources
  • "Reims, souviens-toi", travail effectué par les élèves de Mme Jocelyne Husson, professeur à Reims. 1990.
  • Fichier national du Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
  • Fichier national du Bureau des archives des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen. Fichier national des déplacés de la Seconde guerre mondiale (archives des ACVG).
  • Le Maitron, Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier, tome 47, p.7. Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
Biographie réalisée en 2002 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, Paris 2005.
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