
46042
Félix Reillon est né le 29 janvier 1890 à Laigne (Mayenne)
Ouvrier boulanger, il est domicilié 7 rue de la Garenne à Reims au moment de son arrestation le 26 février 1942.
![]() |
| Ancien Combattant de la première guerre |
Le couple a trois enfants (Jeanne née en 1926, Jacques né en 1930, et Bernard né en 1932).
Il est militant ou sympathisant communiste. Il lui arrive d'aller au café-tabac du quartier de la Maison blanche, "la Chaise au plafond" où un jour, il chante une chanson qu'il avait inventée à la gloire du général de Gaulle.
Le 25 février il participe à une manifestation devant l'hôtel de ville "qui avait pour objet de protester contre la vie chère et l'insuffisance de ravitaillement" (PV du commissariat de Reims 10 février 1946).
Il est arrêté le 26 février 1942, à son domicile, à 8 heures 30 du matin, par la Feldgendarmerie, comme otage, le même jour que 17 autres marnais.
Les boulangers se lèvent tôt, mais ce jour là, c'était son jour de congé. Ses enfants s'apprêtent pour l'école.
On frappe à la porte, il ouvre croyant rencontrer la camarade de classe de sa fille qui devait venir la chercher.
![]() |
| 1942. Bernard, Jeanne, Jacques et leur maman, Marie Reillon |
L'un des deux sert d'interprête.
Félix Reillon a compris ce qui l'attend et fait un signe à sa femme signifiant qu'il va être emprisonné. Les trois enfants, 16, 12 et 10 ans assistent à la scène et en resteront marqués à vie.
Félix Reillon est emmené à la prison Robespierre de Reims. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande, celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, en vue de sa déportation comme otage le 5 mars 1942.
Sa famille, qui a reçu l'autorisation de visite assiste - sans pouvoir lui parler - à son départ pour Compiègne dans un autocar gardé par soldats allemands en armes.
Il appelle les siens mais les soldats les repoussent. Il leur crie le nom de l'un de ses camarades qui pourra les aider financièrement car ils sont désormais sans ressources. Mais le bruit est tel qu'ils ne peuvent l'entendre.
A Compiègne il reçoit le matricule 3674 ; il écrit à sa famille sur les formulaires obligatoires du camp : "du papier glacé", se souvient l'un de ses fils.
Félix Reillon meurt à Auschwitz, le 19 août 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz, Tome 3 page 994).
Une plaque est apposée sur son domicile en 1947 par la municipalité de Reims : "Mort en déportation au camp d'Auschwitz (Pologne), en 1943". Sa femme meurt en 1950, laissant trois orphelins.
En 1962, Gabriel Lejard témoigne de sa mort à Auschwitz.
Sources
- Mme Jocelyne Husson, travail de recherche exécuté par ses élèves (juin 1990).
- Fichier national des déplacés de la Seconde guerre mondiale (archives des ACVG / BAVCC.
- Les Livres des Morts d'Auschwitz (Death Books from Auschwitz), Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès destinés à l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés
Prière de mentionner les références (auteur et coordonnées du blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com
Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.
Si, membre de la famille du déporté, vous ne souhaitez pas que cette biographie soit publiée sur Internet, je vous prie de me le faire immédiatement savoir : elle sera aussitôt retirée du blog.






Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire