L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


MAHILLON Augustin, Célestin

Augustin Mahillon pendant son service militaire


Augustin Mahillon est né le 9 décembre 1902 à Audun-le-Tiche (Moselle). Il habite Bréhain-la-Ville (Meurthe et Moselle) au moment de son arrestation.
Il est marié, père de 4 enfants. Il exerce la profession d’électricien dans l'usine de cette ville.
Il fait son service militaire dans la cavalerie (13ème régiment de dragons).
On ignore ses activités politiques ou syndicales antérieures à 1939, mais on sait qu'il appartint au Front National de Libération de la France (15 mars 1941), et qu'il "fut dénoncé pour cette raison" (selon M. Pilarczyk).
Augustin Mahillon est arrêté le 10 août 1941 à Bréhain par des gendarmes français de Villerupt. Il est remis aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne, sous le matricule N° 1530, dans le bâtiment A 4.
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. 
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».
Augustin Mahillon est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu.
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
Aucun document des archives SS préservées de la destruction ne permet de connaître la date de son décès à Auschwitz. Les services du Ministère des Anciens Combattants ont néanmoins porté la date fictive du 15 septembre 1942, afin que les familles puissent ainsi avoir des pièces administratives.
Une plaque commémorative porte son nom au Four crématoire de Thill, monument du souvenir.
Augustin Mahihon a été homologué "Déporté politique".

Sources


  • Questionnaire rempli par son fils Claude, le 3 juillet 1989.
  • Archives de Behain-la-Ville. (1989)
  • ACVG juillet 1992.
  • Témoignage de M. Pilarczyk, président de la section FNDIRP de Villerupt, juin 1989.
  • Photographie communiquée en août 2010 par sa petite fille, Claudine Réaux, née Mahillon.
Biographie rédigée en juin 1997, complétée en 2010, par Claudine Cardon-Hamet (docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005), à l’occasion de la conférence donnée le 5 juillet 1997 à Homécourt, initiée par la CGT d’Homécourt et le PCF de la vallée de l’Orne. Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie.

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