L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


LECOMTE Léon Ernest



Janvier 1940, pendant une permission à Saint-Pol de Léon

Léon Lecomte est né le 23 avril 1912 à Saint Ouen l'Aumône (Val-d'Oise). Il est domicilié au 32 rue de Joinville à Paris (19ème) au moment de son arrestation. Il est marié, sans enfant, et travaille comme commis principal au Ministère des finances, rue de Rivoli à Paris (il y était entré très jeune, comme "classeur").

Léon Lecomte est membre du Parti communiste. Sportif, pratiquant dans un club FSGT, il aurait été « sélectionné aux Jeux Olympiques» (il s’agit peut-être des Olympiades populaires de 1936 à Barcelonne, organisées en réponse à l’exclusion des sportifs «non-aryens» aux JO de Berlin). Il est mobilisé fin 1939.
Après sa démobilisation, il reprend clandestinement son activité militante. Léon Lecomte est arrêté une première fois le 19 septembre 1940 alors qu'il collait des «papillons» dans une rue du quartier. Il est emprisonné à la Santé, puis à Fresnes le 27 octobre 1940. Le 30 décembre 1940, il est transféré à la centrale de Poissy. Accusé d'activité communiste, et en application du décret du 26 septembre 1939, il est condamné à un an d'emprisonnement. Il est libéré à l’expiration de sa peine en août 1941. Arrêté à nouveau en novembre 1941, il est interné sans jugement au camp allemand de Royallieu à Compiègne (Frontstalag 122) en vue de sa déportation comme otage. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages». A Compiègne, ses camarades le surnomment «le percepteur»

Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les «Judéo-bolcheviks» responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Son numéro d’immatriculation à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 est inconnu. Le numéro "45751 ?" figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 correspondait à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Ce numéro, quoique plausible, ne saurait être considéré comme sûr en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il ne figure plus dans mon ouvrage «Triangles rouges à Auschwitz».
Léon Lecomte meurt à Auschwitz le 21 octobre 1942 d’après le certificat de décès établi au camp d’Auschwitz et destiné à l’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz (Tome 2 page 702).
Il est déclaré «Mort pour la France» le 30 septembre 1948. Son nom est inscrit sur la plaque située dans la cour du ministère des Finances au 139 rue de Bercy – «Le Ministère des Finances à ses agents morts pour la France».

Sources
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres (incomplets) des certificats de décès destinés à l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fiche d'état civil. 
  • Témoignage adressé à la FNDIRP en 1972, qui le décrit «grand (1,80 m), sportif très bon camarade, qui nous avait raconté son arrestation». 
  • Fichier national des déplacés de la Seconde guerre mondiale (archives des ACVG).  
Biographie provisoire rédigée en 2003 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : «Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942», Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des «45000», éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courrieldeportes.politiques.auschwitz@gmail.com. Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. Si, membre de la famille du déporté, vous ne souhaitez pas que cette biographie soit publiée sur Internet, je vous prie de me le faire immédiatement savoir : elle sera aussitôt retirée du blog.

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