L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


Desplanques Emile, Louis, Joseph







Numéro matricule non connu
probablement 45467

Emile Desplanques est né le 13 janvier 1914 à Lille (Nord). Il s'est marié avec Marie-Rose Besy. Le couple a un enfant. Il habite au 74 rue Paul Vaillant-Couturier à Gennevilliers (ancien département de la Seine- Hauts-de-Seine) au moment de son arrestation. Il travaille à la SNCF comme aide ouvrier, monteur électricien.
Il adhère aux Jeunesses communiste en 1934, puis au Parti communiste et à la CGT.
Après l’interdiction du Parti communiste, il milite dans la clandestinité.

Le 1er mars 1941, des policiers français l'arrêtent à Puteaux, le conduisent au commissariat, le brutalisent pour qu'il donne le nom de ses camarades.
Il est emprisonné à la Santé jusqu'au 22 avril 1941, puis mis en liberté surveillée.
La SNCF le révoque à cause de son arrestation. Il poursuit son action clandestine.

Le 28 avril 1942, la police allemande l'arrête à nouveau à Gennevilliers lors d’une grande rafle qui touche de nombreux militants communistes de la région parisienne. Les autorités allemandes l’internent au camp de Compiègne (Frontstallag 122), administré et gardé par la Wehrmacht.

Emile Desplanques est déporté à Auschwitz le 6 juillet 1942. Ce même jour, il lance un billet sur la voie dans lequel il écrit à sa femme : "courage et confiance, je serai bientôt de retour". Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Il meurt à Auschwitz le 19 septembre 1942, à la suite d’une « sélection » des « inaptes au travail » destinés à être éliminés dans les chambres à gaz de Birkenau. Dans les années d’après-guerre, l’état civil français, n’ayant pas eu accès aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques, a fixé la date de son décès au 15 septembre 1942 sur la base des déclarations de deux de ses compagnons de déportation.

Le titre de "déporté politique" lui a été attribué ainsi que la mention « Mort pour la France ».

Une plaque honore sa mémoire et celle de trois autres cheminots en gare de Lyon (Paris 12ème).

  • Sources
  • Photo de 1935 communiquée en juillet 2006 par une nièce d'Emile Desplanques, Mme Vatin après la lecture de "Triangles Rouges à Auschwitz".
  • Archives municipales de Gennevillers (Liste des Déportés, nom des rues, biographie).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943 le décès des détenus immatriculés).
Biographie réalisée pour l’exposition sur les « 45000 » de Gennevilliers 2005 (actualisée en 2010) , par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi politique du 6 juillet 1942, éditions Autrement, Paris 2005.
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