L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


CREPIN André Marcel


André Crépin est né le 7 mai 1906 à Châlons-sur-Marne.
Ouvrier caviste, domicilié 40 place de Vesle  au moment de son arrestation.
Arrêté le 27 septembre 1941, il a 36 ans le 6 juillet 1942.
Il meurt à Auschwitz le 19 septembre 1942.
André Crépin est marié avec Léa, il est père de sept enfants.
Il est employé comme ouvrier caviste chez Heidsieck Monopole à Reims.
Membre du parti Communiste depuis 1936, il est rédacteur en chef du journal "La Champagne ouvrière et paysanne", bi-mensuel fondé en 1937. Dans ses articles de politique étrangère, il combat la politique de non-intervention de la Grande-Bretagne et de la France dans la Guerre d’Espagne.
Il se prononce pour une politique de fermeté face à la menace fasciste en Europe et combat l'esprit de capitulation qui l'emporte en 1938 avec les accords de Munich.
La Champagne ouvrière et paysanne
15 janvier 1941
Après l'Armistice, chargé de la réorganisation du Parti communiste par le Comité central dans le département, il fait paraître les premiers numéros de "la Champagne clandestine".
Traqué par la police française, il passe dans l'Aube, et il devient le responsable du PCF clandestin au niveau du département, sous la direction de Michel Sicre.
André Crépin est arrêté le 27 septembre 1941 à Troyes et détenu à la prison de Reims le 4 octobre 1941. Remis aux autorités allemandes à leur demande, celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne (où il aurait reçu le matricule 2422) , le 13 janvier 1942, en vue de sa déportation comme otage.
Plusieurs membres de son groupe ont été fusillés (Marcel Chatton, le 23 décembre 1941, Georges Dardenne et Edouard Quentin le 13 janvier 1942).
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à sa déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942) et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
André Crépin est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Sa photo d’immatriculation à Auschwitz n’a été pas retrouvée parmi les 522 photos que des membres de la Résistance intérieure du camp avaient camouflées pour les sauver de la destruction, ordonnée par les SS peu de temps avant l’évacuation d’Auschwitz. 
Après l’enregistrement, André Crépin passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks.
André Crépin meurt à Auschwitz-Birkenau le 19 septembre 1942.
Lettre de Léa Crépin recto
Son épouse Léa apprend le décès de son mari par un jeune déporté, seul rescapé des rémois du convoi. Il s’agit de Guy Lecrux
Lettre de Léa Crépin, verso
Ci-contre la lettre datée du 7 juin 1945 qu’elle envoie à des amis pour leur apprendre la terrible nouvelle. Cette lettre le nous été transmise par M. Eric Bougrat, qui la tient, via sa mère, de la destinataire, sa grand-mère maternelle, amie de la famille Crépin. Je le remercie vivement pour son envoi. 
Plaque square des victimes de la Gestapo
Une plaque commémorative est apposée par la municipalité de Reims en 1947 à son domicile (aujourd'hui 24 rue Louis Pichon). Cette plaque se trouve aujourd'hui au square des victimes de la Gestapo, rue Jeanne d'Arc, à l'emplacement où se trouvait la Gestapo à Reims. Marcel Crepin est homologué dans la Résistance comme FFI-FTPF.
Lettre de mme Jeanine Mansouri,
née Crépin à Madeleine Odru
Une des filles du couple Crépin, Madame Jeanine Mansouri, née en 1933, a adressée une lettre à Madeleine Odru, rescapée du convoi des 31.000, à la suite d'un article paru dans le Parisien de Seine Saint-Denis, en 2001 pour la remercier de cet article. Elle lui parle de son "papa qui est mort aux fours crématoires d'Auschwitz, en laissant une femme et 7 enfants".

Sources
  • Communication de Mme Simone Lecrux, veuve de Guy Lecrux, résistante, déportée à Ravensbrück (30 janvier 1981) ; 
  • Recensement par André Aubert des déportés marnais non rentrés ; 
  • Extrait du journal "l'Union" (Reims) avec photo (5 février 1946). 
  • Communication de Mme Jocelyne Husson, professeur d'histoire à Reims (Juin 1990). PENSPO (OP.cit) ;
  • Jean Maitron, Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier, tome 23, page 333 ; 
  • Les Livres des morts d'Auschwitz ; 
  • Fichier national des déplacés de la Seconde guerre mondiale (archives des ACVG).
  • Lettre de Léa Lecrux à ses amis. Envoi de M. Eric Bougrat.
  • La Champagne ouvrière et paysanne, 15 janvier 1941, in BNF Gallica.
  • Lettre d'une des filles d'André Crépin, madame Jeanine Mansouri à Madeleine Odru.
Biographie (mise à jour en septembre 2016) réalisée par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005.
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