L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


BOULANGER Marcel Vincent


Matricule "45285" à Auschwitz

Marcel Boulanger est né le 28 mai 1892 à Nogent-sur-Seine (Aube). Il est le fils Louise Adam, 20 ans, et de Henri Boulanger, 26 ans, garçon de moulin. Il habite au 29 rue Raspail à Malakoff (ancien département de la Seine - aujourd’hui Hauts-de-Seine) au moment de son arrestation.
Il épouse Marie Huguenot le 25 mars 1913 à la mairie du deuxième arrondissement de Paris. 

Il est recensé sur les registres matricules militaires de la Seine sous le matricule 445.
Le 24 décembre 1918, il se remarie avec Marie Nicol, à Paris deuxième arrondissement. Le couple aura une fille, Yvette. Il est boulanger de métier.
Militant communiste ou syndicaliste connu des services de police, Marcel Boulanger est arrêté le 5 (ou le 10) octobre 1940. Il est interné administrativement au camp de  séjour surveillé d’Aincourt, dans le département de la Seine-et-Oise (aujourd’hui dans le Val d’Oise), près de Mantes, ouvert spécialement, en octobre 1940, pour y enfermer les communistes arrêtés dans la région parisienne par le gouvernement de Vichy.
Le 4 décembre 1940, il est transféré à la prison centrale de Fontevraud (près de Saumur).

Le 20 janvier 1941, il est transféré à la Maison centrale de Clairvaux (Aube). Lire dans le blog La Maison centrale de ClairvauxLe 26 septembre 1941, Marcel Boulanger est transféré au centre de séjour surveillé de Rouillé, près de Poitiers. 
Début mai 1942, les autorités allemandes adressent au directeur du camp de Rouillé (1) une liste de 187 internés qui doivent être transférés au camp allemand de Compiègne (Frontstallag 122). Le nom de Marcel Boulanger (n°37 de la liste) y figure. C’est avec un groupe d’environ 160 internés qu’il arrive à Compiègne le 22 mai 1942. La plupart d’entre eux seront déportés à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Marcel Boulanger est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.

Il est immatriculé à Auschwitz le 8 juillet 1942

Plaque de rue à Malakoff
 au 29 rue Raspail
Il est immatriculé lors de son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro "45285". Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. Ce numéro, inconnu jusqu'ici est attesté par  la ressemblance de la photo du déporté portant ce numéro avec celle envoyée par ses petits enfants en septembre 2012, et correspond à l'ordre alphabétique des noms dans l'une des 4 listes du convoi que j'ai reconstituées.
Plaque Maison des Associations à Malakoff 
au 29 rue Raspail
Marcel Boulanger meurt à Auschwitz le 20 août 1942 d’après le registre d’état civil de la municipalité d’Auschwitz (in Death Books from Auschwitz).
L’arrêté ministériel du 17 septembre 1987 portant apposition de la mention «Mort en déportation» sur les actes de décès (paru au Journal Officiel du 28 octobre 1987), avait repris les dates de l'acte de décès soit « décédé le 30 septembre 1942 à Auschwitz- pologne » (mention marginale de l'extrait de naissance) ».
Si dans les années d'après-guerre, l’état civil français a fixé des dates de décès fictives (le 1er, 15 ou 30, 31 d'un mois estimé) à partir des témoignages de rescapés, afin de donner accès aux titres et pensions aux familles des déportés, il est regrettable que le ministère ne prenne pas désormais en compte les archives du camp d’Auschwitz emportées par les soviétiques en 1945, et qui sont accessibles depuis 1995 (certificats de décès de l’état civil d’Auschwitz, documents officiels allemands, établis par les médecins du camp d'Auschwitz, à la mort d'un détenu).
Le titre de "Déporté politique" a été attribué à Marcel Boulanger.

Son nom figure sur la plaque commémorative de la Maison de la vie associative, en mémoire des habitants de Malakoff morts en déportation et une plaque a été apposée sur son domicile, 29 rue Raspail .

Note 1 : Le camp d’internement administratif de Rouillé (Vienne) est ouvert le 6 septembre 1941, sous la dénomination de «centre de séjour surveillé», pour recevoir 150 internés politiques venant de la région parisienne, c’est-à-dire membres du Parti Communiste dissous et maintenus au camp d’Aincourt depuis le 5 octobre 1940. D’autres venant de prisons diverses et du camp des Tourelles. In site de l’Amicale de Chateaubriant-Voves-Rouillé.

Sources
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Extrait de naissance, Mairie de Nogent, juin 1993.
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen. Fiche individuelle consultée en juin 1992.
  •  Certificat de décès d'Auschwitz de Marcel Boulanger  (BAVCC).
  • Liste de détenus transférés du camp de Rouillé vers celui de Compiègne en mai 1942. 
  • Liste XLI 42, N° 37. Archives du Centre de documentation juive contemporaine.
  •  Certificat de décès d'Auschwitz de Marcel Boulanger  (BAVCC).   
  • © Photo de famille de Marcel Boulanger. Envoi de Mme Maryse Goiran, sa petite fille (12 septembre 2012)
  • Photo de la plaque de rue : Claude Richard.Site « MémorialGenweb ».
  •  Monument commémoratif de Malakoff. Relevé Claude Richard.
  • Photo de plaque commémorative (Maison de la vie associative) : Pierre Cardon.
Biographie rédigée en 2005 (modifiée en septembre 2012) par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : « Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 », Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé). Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie.
Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.comPensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. 

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