Ce blog, hommage aux déportés du convoi du 6 juillet 1942, est à la croisée de l’Histoire et de la Mémoire. Il est basé sur des recherches universitaires prolongeant celles de Roger Arnould, ancien déporté et documentaliste de la FNDIRP.



PRIMEL Pierre Marie


Pierre Primel est né le 21 mars 1901 à Plourac'h dans les Côtes-du-Nord (aujourd’hui Côtes d'Armor - 22), domicilié dans le département de la Seine ,5 rue Liant à Saint-Denis (aujourd’hui en Seine-Saint-Denis-93), il travaille à l'usine à gaz du Landy.

Militant communiste et délégué syndical CGT, il aurait été arrêté le 9 novembre 1940, selon le témoignage de Fernand Devaux, par des policiers français, à Saint-Denis, lors d’une rafle qui touche des dizaines de communistes du département de la Seine. Ceux-ci sont rassemblés à la prison des Tourelles et emmenés le jour mêmeau camp de « séjour surveillé » d’Aincourt, dans le département de la Seine-et-Oise (aujourd’hui dans le Val d’Oise), près de Mantes, ouvert spécialement, en octobre 1940, pour y enfermer les communistes arrêtés dans la région parisienne par le gouvernement de Vichy.
Il est ensuite transféré dans un autre camp d'internement français avant d’être remis, à leur demande, aux autorités allemandes qui l’internent au camp de Royallieu à Compiègne en vue de sa déportation comme otage.

Pierre Primel est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ».
Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu
*.
Pierre Primel meurt le 20 septembre 1942, d’après les registres du camp.
Le titre de déporté politique lui a été attribué ainsi que la mention « Mort pour la France ».
Une plaque commémorative a été apposée à son domicile.

Sources
- Témoignage de Fernand Devaux, déporté dans ce convoi.
- Archives municipales de Saint-Denis (consultées en 1988 par Fernand Devaux).
- Liste de la mission néerlandaise de recherche établie à partir des déclarations de décès du camp d'Auschwitz (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains, Caen, archives du ministère de la Défense).
- Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943 le décès des détenus immatriculés).

Biographie réalisée en mai 2007 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005.
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* Le numéro 46017 figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain (voir l’avertissement précédant la liste alphabétique) correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Elle avait notamment pour objectif de faciliter l’identification des 524 photos anthropométriques de « 45000 » préservées de la destruction par des résistants du camp et retrouvées après la libération d’Auschwitz. Cependant, cette reconstitution n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il serait donc imprudent d’attribuer ce numéro à Pierre Primel en l’absence de nouvelles preuves.

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