L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


GAUTHIER André


Le numéro 45580 figurant dans mes deux premiers ouvrages sur le convoi du 6 juillet 1942 (éditions de 1997 et 2000) et signalé comme incertain (voir l’avertissement précédant la liste alphabétique) correspond à une tentative de reconstitution de la liste du convoi par matricules. Elle avait notamment pour objectif de faciliter l’identification des 524 photos anthropométriques de « 45000 » préservées de la destruction par des résistants du camp et retrouvées après la libération d’Auschwitz. Cependant, cette reconstitution n’a pu aboutir en raison de l’existence de quatre listes alphabétiques successives, de la persistance de lacunes pour plus d’une dizaine de noms et d’incertitudes sur plusieurs centaines de numéros matricules. Il serait donc imprudent d’attribuer ce numéro à André Gauthier en l’absence de nouvelles preuves. La photo anthropométrique du déporté portant le matricule 45480 ne peut donc lui être attribuée sans une identification préalable au moyen de photographies antérieures à sa déportation ou de témoignages fiables.
Si vous reconnaissez André Gauthier sur cette photo, je vous serais reconnaissante de me le faire savoir.

André Gauthier est né le 23 novembre 1903 à Saint-Denis dans le département de la Seine (aujourd’hui en Seine-Saint-Denis-93), marié, père de 2 enfants, il habite 13 rue Nicolas Leblanc à Saint-Denis au moment de son arrestation.
Il travaille comme monteur. Militant communiste avant la guerre, il poursuit des activités dans la clandestinité après l’interdiction du parti le 26 septembre 1939.

Il est arrêté le 6 décembre 1940 à son domicile par des policiers français.
Il est d'abord interné au camp français de « séjour surveillé » d’Aincourt en Seine-et-Oise (aujourd’hui dans le Val d'Oise) ouvert spécialement, en octobre 1940, pour y enfermer les communistes de la région parisienne arrêtés par le gouvernement de Vichy.
Il est ensuite transféré le 5 mai 1942 au camp d’internement français de Voves, jusqu’à ce que les Allemands le transfèrent le 10 mai au camp de Royallieu à Compiègne (matricule 5694) en vue de sa déportation comme otage.

Il est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ».
Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre en France les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.
Son numéro d’immatriculation à Auschwitz n’est pas connu
.

André Gauthier meurt le 19 février 1943 à Auschwitz, d’après les registres du camp. Dans les années d’après-guerre, l’état civil français qui n’avait pas eu accès aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques, fixe la date de son décès au mois de janvier 1943 (01/01/1943) sur la base du témoignage de deux de ses compagnons de déportation.

Une plaque, apposée à son domicile, indique « supplicié à Auschwitz en janvier 1943 ». André Gauthier est homologué après la guerre comme déporté politique.

Sources
- Listes - incomplètes - du convoi établies par la F.N.D.I.R.P. après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
- Stéphane Fourmas, Le centre de séjour surveillé de Voves (Eure-et-Loir) janvier 1942 - mai 1944, mémoire de maîtrise, Paris-I (Panthéon-Sorbonne), 1998-1999.
- Archives municipales de Saint-Denis (consultées en 1988 par Fernand Devaux).
- Fichier national (Bureau des archives des conflits contemporains, Caen, archives du ministère de la Défense).
- Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).

Biographie réalisée en mai 2007 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005.
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