L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
déporté résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


ARBLADE Aloyse, Numa


Aloyse Arblade © DR
Matricule 45176 à Auschwitz

Plaque au 20 rue Auguste Dumont
Aloyse Arblade, fils d'un maçon, est né le 18 août 1901 au 2 rue Condorcet à Montpellier (Hérault). 
Il est le fils de Léonie Dantoni, 20 ans, ménagère et de Jean Arblade, 30 ans, maçon, son époux.
"Monté" en région parisienne, il y est recensé dans le département de la Seine pour le service militaire (matricule 5409).
Il habite au 20, rue Auguste Dumont à Malakoff (Seine / Hauts-de-Seine) au moment de son arrestation. 
Il se  marie le 4 avril 1925 à Malakoff avec Germaine Duchesne, tricoteuse. 
Le couple a un enfant. 
Aloyse Arblade (peut-être scieur de profession) est manœuvre aux usines Citroën (Paris), au chômage. 
Militant communiste et syndicaliste, il est élu conseiller municipal de Malakoff sur la liste Léon Piginnier le 12 mai 1935. 
Aloyse Arblade est déchu de son mandat le 29 février 1940 par le Conseil de préfecture pour son appartenance au Parti communiste.
Sous l'Occupation, il diffuse des tracts anti-allemands. Il est arrêté le 26 octobre 1940 par la police française, comme "communiste et membre de la CGT" et interné au camp de « séjour surveillé » d’Aincourt, dans le département de la Seine-et-Oise (aujourd’hui dans le Val d’Oise), près de Mantes, ouvert spécialement, en octobre 1940, pour y enfermer les communistes arrêtés dans la région parisienne par le gouvernement de Vichy.
Le 9 février 1942, il est remis - en même temps que 28 autres internés originaires du département de la Seine - aux autorités allemandes à leur demande. Celles-ci l’internent au camp de Royallieu à Compiègne (Frontstallag 122). 
Depuis ce camp, il va être déporté à destination d’Auschwitz. Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, voir les deux articles du blog : La politique allemande des otages (août 1941-octobre 1942)  et «une déportation d’otages».
Cf Article du blog : Les wagons de la Déportation
Aloyse Arblade est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941. Lire dans le blog le récit des deux jours du transport : Compiègne-Auschwitz : 6, 7, 8 juillet 1942.
Immatriculé à Auschwitz
Il est enregistré à son arrivée à Auschwitz le 8 juillet 1942 sous le numéro 45176. Lire dans le blog le récit de leur premier jour à Auschwitz : L'arrivée au camp principal, 8 juillet 1942. et 8 juillet 1942 : Tonte, désinfection, paquetage, "visite médicale"
Après l’enregistrement, il passe la nuit au Block 13 (les 1170 déportés du convoi y sont entassés dans deux pièces). Le 9 juillet tous sont conduits à pied au camp annexe de Birkenau, situé à 4 km du camp principal. Le 13 juillet il est interrogé sur sa profession. Les spécialistes dont les SS ont besoin pour leurs ateliers sont sélectionnés et vont retourner à Auschwitz I (approximativement la moitié du convoi. Les autres, restent à Birkenau, employés au terrassement et à la construction des Blocks. On ignore dans quel camp il est affecté à cette date.
Aloyse Arblade entre à l'infirmerie d'Auschwitz le 10 janvier 1943 et y meurt du typhus le 13 janvier 1943 selon les registres du camp («Death Books from Auschwitz»). 
Le 8 juillet à Auschwitz
Son état civil établi dans les années d'après guerre et un arrêté du 10 avril 1987 publié au JO du 10 juin 1987 portant apposition de la mention "mort en déportation" portent néanmoins une date approximative "mort en décembre 1942 à Auschwitz » (jugement déclaratif de décès). Car, afin de permettre l'obtention de titres et de pensions aux familles des déportés, l’état civil français n’ayant pas eu accès dans les années d'après-guerre aux archives d’Auschwitz emportées par les armées soviétiques, a fixé celle-ci à une date fictive (le 1er, 15 ou 30 d'un mois estimé) sur la base du témoignage d'un de ses compagnons de déportation.
Plaque maison des associations à Malakoff 
Le titre de « déporté politique » lui a été attribué. Il a été déclaré "Mort pour la France". 
Une plaque à son ancien domicile, une rue de Malakoff, une cellule du PCF et une plaque collective apposée à la maison de la vie associative, portent son nom.

Sources
  • Questionnaire biographique (contribution à l’histoire de la déportation du convoi du 6 juillet 1942), envoyé aux mairies, associations et familles au début de mes recherches, en 1987, rempli par Claude Girard, fils de Louis Girard 45605, 19 décembre 1991.
  • Témoignage d'Auguste Monjauvis sur les circonstances de sa mort.
  • Listes - incomplètes - du convoi établies par la FNDIRP après la guerre (archives de la F.N.D.I.R.P).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets – de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré, entre le 27 juillet 1941 et le 31 décembre 1943, le décès des détenus immatriculés).
  • Bureau des archives des conflits contemporains (BAVCC), Ministère de la Défense, Caen (dossier individuel consulté en 1991).
  • Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, Le Maitron, Claude Pennetier (dir), éditions de l’Atelier, CD-Rom. Tome 17, page 208.
  • Liste (incomplète) par matricule du convoi du 6 juillet 1942 établie en 1974 par les historiens du Musée d'Etat d'Auschwitz-Birkenau (Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (Ministère de la Défense, Caen) indiquant généralement la date de décès au camp.
  • Photo de la plaque : Pierre Cardon
Biographie rédigée en octobre 2010 par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : "Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942" Editions Autrement, 2005 Paris et de «Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé).
Prière de mentionner ces références (auteur et coordonnées de ce blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. 
*Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com

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