L'histoire du convoi du 6 juillet 1942, écrite en 1994 par Claudine Cardon-Hamet dans le cadre d'une thèse de doctorat, prend
le relais des premières recherches menées entre 1970 et 1986 par Roger Arnould
Déporté Résistant et ancien documentaliste de la Fédération Nationale des Internés Résistants et Patriotes (FNDIRP)


ALBAN Charles, Paul, Denis



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Charles Alban est né le 3 novembre 1902 à Paris (XX°), marié avec Madeleine, père de 4 enfants, il est domicilié, au moment de son arrestation, à Gennevilliers (situé dans le département de la Seine et aujourd’hui dans celui des Hauts de Seine) au 74 rue Paul Vaillant-Couturier. Il travaille dans la métallurgie comme mortaiseur raboteur sur métaux.

Charles Alban est l’un des animateurs des grèves d’Argenteuil en novembre 1930. Communiste depuis 1934, adhérent de la CGT, il est élu conseiller municipal le 14 octobre 1934, sur la liste de Jean Grandel, et réélu le 5 mai 1935. Déchu de son mandat le 9 février 1940 par le gouvernement de Pétain comme communiste, il entre dans le combat clandestin dès sa démobilisation, en août 1940.

Il est arrêté à Gennevilliers le 5 octobre 1940, par la police française dans la grande rafle organisée, avec l’accord de l’occupant, par le gouvernement de Pétain à l’encontre des principaux responsables communistes d’avant-guerre de la Seine (élus, cadres du parti et de la CGT). Il est interné avec ses camarades, au camp de « séjour surveillé » d’Aincourt, près de Mantes dans la Seine-et-Oise, aujourd’hui dans le Val d'Oise), ouvert spécialement, en octobre 1940 pour y enfermer les communistes arrêtés.
Il est transféré - à la demande des autorités allemandes - au camp de détention allemande de Royallieu à Compiègne (Oise).
Pour comprendre la politique de l’Occupant qui mène à leur déportation, lire dans le blog «une déportation d’otages».

Charles Alban est déporté à Auschwitz dans le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 ». Ce convoi d’otages composé, pour l’essentiel, d’un millier de communistes (responsables politiques du parti et syndicalistes de la CGT) et d’une cinquantaine d’otages juifs (1170 hommes au moment de leur enregistrement à Auschwitz) faisait partie des mesures de représailles allemandes destinées à combattre, en France, les « judéo-bolcheviks » responsables, aux yeux de Hitler, des actions armées organisées par le parti communiste clandestin contre des officiers et des soldats de la Wehrmacht, à partir d’août 1941.

Charles Alban meurt le 9 août 1942, d’après les registres du camp. Il est officiellement mort le 1er septembre 1942 car dans les années d’après-guerre, l’état civil français n’ayant pas eu accès aux archives de l’administration SS détenues par les Soviétiques, a fixé la date de sa mort sur la base des témoignages (plus ou moins précis) de deux de ses compagnons de déportation.

Le titre de «Déporté politique» lui a été attribué ainsi que la mention "Mort pour la France".

Son nom figure sur la plaque commémorative en Mairie, à la Maison du Combattant (photo Jacques Fath).
Une rue de Gennevilliers honore sa mémoire. Une courte biographie établie par les Archives municipales insiste sur "son dévouement et sa modestie".
Sources
  • Archives municipales de Gennevilliers (Liste de déportés, noms de rues, biographie).
  • Plaque dédiée "A la mémoire des Conseillers municipaux morts pour la France".
  • Le Maitron, Dictionnaire biographique du Mouvement ouvrier, tome 17, page 55.
  • Fichier national du Bureau des archives des victimes des conflits contemporains (BACC), Ministère de la Défense, Caen. Dossier individuel consulté en octobre 1993).
  • Death Books from Auschwitz, Musée d’État d’Auschwitz-Birkenau, 1995 (basé essentiellement sur les registres - incomplets - de l’état civil de la ville d’Auschwitz ayant enregistré du 27 juillet 1941 au 31 décembre 1943 le décès des détenus immatriculés).
Biographie réalisée pour l’exposition sur les « 45000 » de Gennevilliers en novembre 2005, par Claudine Cardon-Hamet, docteur en Histoire, auteur des ouvrages : Mille otages pour Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Graphein, Paris 1997 et 2000 (épuisé) et de Triangles rouges à Auschwitz, le convoi du 6 juillet 1942 dit des « 45000 », éditions Autrement, Paris 2005. Prière de mentionner les références (auteur et coordonnées du blog) en cas de reproduction ou d’utilisation totale ou partielle de cette biographie. Pour compléter ou corriger cette biographie, vous pouvez me faire un courriel à deportes.politiques.auschwitz@gmail.com Pensez à indiquer les sources et éventuellement les documents dont vous disposez pour confirmer ces renseignements et illustrer cette biographie. Si, membre de la famille du déporté, vous ne souhaitez pas que cette biographie soit publiée sur Internet, je vous prie de me le faire immédiatement savoir : elle sera aussitôt retirée du blog.

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